Morts de Quatre-vingt-douze

Arthur Rimbaud

Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize,
Qui, pâles du baiser fort de la liberté,
Calmes, sous vos sabots, brisiez le joug qui pèse
Sur l’âme et sur le front de toute humanité ;

Hommes extasiés et grands dans la tourmente,
Vous dont les coeurs sautaient d’amour sous les haillons,
Ô Soldats que la Mort a semés, noble Amante,
Pour les régénérer, dans tous les vieux sillons ;

Vous dont le sang lavait toute grandeur salie,
Morts de Valmy, Morts de Fleurus, Morts d’Italie,
Ô million de Christs aux yeux sombres et doux ;

Nous vous laissions dormir avec la République,
Nous, courbés sous les rois comme sous une trique.
– Messieurs de Cassagnac nous reparlent de vous !

Arthur Rimbaud

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5 commentaires sur “Morts de Quatre-vingt-douze”

  1. Parot

    dit :

    Les Cassagnac étaient des politicards bonapartistes soutien de Napoleon III. Ils raclaient avec un grand râteau y compris en voulant faire vibrer la fibre républicaine. Lire l’article suivant : Il ne fallait pas faire preuve d’une bien grande perspicacité politique pour saisir les mobiles de l’apostrophe de Paul de Cassagnac. Il s’agissait d’une tentative effrontée de rallier tous ceux que les bonapartistes avaient jusqu’alors combattus avec acharnement, notamment les républicains, qui ne pouvaient cependant oublier combien de leurs camarades avaient payé de leur vie dans cette lutte. En 1859, lors d’une amnistie partielle affectant des prisonniers républicains, Baudelaire avait célébré la réaction intransigeante de Victor Hugo dans Le Cygne, le félicitant d’avoir rejeté tout compromis avec le régime qui avait envoyé tant de républicains à Cayenne. Dans une logique analogue, Rimbaud refuse cette offre de réconciliation faite, apparemment, par un vainqueur magnanime. Les bonapartistes proposent aux républicains, qui par leurs actions se sont écartés du pouvoir, une manière de participer à la gloire nationale. Mais c’est que les bonapartistes sont maintenant conscients de leur propre faiblesse politique.

  2. Adams le symphat

    dit :

    Merci, il est très touchant et si magnifique, nous révèle l’abnégation des héros.

  3. Juste me

    dit :

    Si l’on comprend le contexte, on comprend mieux le poème et donc on a plus de facilité à l’apprendre.

  4. bataille emeline

    dit :

    Bonjour,
    je suis en cm2 et je dois apprendre ce poeme dur dur.Les phrases sont très difficiles à retenir.

    emeline

  5. debais

    dit :

    Je n’ai pas compris le dernier vers « messieurs de cassagnac nous reparlent de vous ! ». Sinon magnifique poème expriment magistralement la grandeur des sacrifiés.

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