Villonelle

Max Jacob

Dis-moi quelle fut la chanson
Que chantaient les belles sirènes
Pour faire pencher des trirèmes
Les Grecs qui lâchaient l’aviron

Achille qui prit Troie, dit-on,
Dans un cheval bourré de son
Achille fut grand capitaine
Or, il fut pris par des chansons
Que chantaient des vierges hellènes
Dis-moi, Vénus, je t’en supplie
Ce qu’était cette mélodie.

Un prisonnier dans sa prison
En fit une en Tripolitaine
Et si belle que sans rançon
On le rendit à sa marraine
Qui pleurait contre la cloison.
Nausicaa à la fontaine
Pénélope en tissant la laine
Zeuxis peignant sur les maisons
Ont chanté la faridondaine !…
Et les chansons des échansons ?
Échos d’échos des longues plaines
Et les chansons des émigrants !
Où sont les refrains d’autres temps
Que l’on a chantés tant et tant ?
Où sont les filles aux belles dents
Qui l’amour par les chants retiennent ?
Et mes chansons ? qu’il m’en souvienne !

Max Jacob, Le Laboratoire central, 1921

Imprimer ce poème

4 commentaires sur “Villonelle”

  1. HAEMMERLE

    dit :

    Bonjour, « Villonelle » est un hommage fait par Max JACOB envers François VILLON qui est, en effet l’auteur de la version du XVI eme. Max JACOB est une réécriture plus moderne. Vous pouvez aussi trouver « Ballade des étoiles du temps jadis » qui est un magnifique poème écrit par Henri BELLAUNAY.

  2. Ndiaye cheickna

    dit :

    Annick, mais c’est trop bien, moi c’est Villejuif

  3. annick tirache

    dit :

    J’ai quand même un doute. Est ce bien villonelle ou villanelle qu’il faut lire. N’y aurait-il pas une faute de frappe ?

  4. annick tirache

    dit :

    Merci pour ce poème de Max Jacob que j’aime beaucoup et dont je n’avais jamais entendu parler de ce poème intitulé « Villonelle » alors que j’habite à la Villanelle. Merveilleuse coïncidence qui va m’en faire chercher l’origine. (synchronicité de Jung sans doute).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *