Quand les guignes furent mangées…

Victor Hugo

Quand les guignes furent mangées,
Elle s’écria tout à coup :
– J’aimerais bien mieux des dragées.
Est-il ennuyeux, ton Saint-Cloud !

On a grand-soif ; au lieu de boire,
On mange des cerises ; voi,
C’est joli, j’ai la bouche noire
Et j’ai les doigts bleus ; laisse-moi. –

Elle disait cent autres choses,
Et sa douce main me battait.
Ô mois de juin ! rayons et roses !
L’azur chante et l’ombre se tait.

J’essuyai, sans trop lui déplaire,
Tout en la laissant m’accuser,
Avec des fleurs sa main colère,
Et sa bouche avec un baiser.

Victor Hugo

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Un commentaire sur “Quand les guignes furent mangées…”

  1. Le Poète de l’ombre

    dit :

    Vraiment sympa

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