Un Soir

Guillaume Apollinaire

Un aigle descendit de ce ciel blanc d’archanges
Et vous soutenez-moi
Laisserez-vous trembler longtemps toutes ces lampes
Priez priez pour moi

La ville est métallique et c’est la seule étoile
Noyée dans tes yeux bleus
Quand les tramways roulaient jaillissaient des feux pâles
Sur des oiseaux galeux

Et tout ce qui tremblait dans tes yeux de mes songes
Qu’un seul homme buvait
Sous les feux de gaz roux comme la fausse oronge
Ô vêtue ton bras se lovait

Vois l’histrion tire la langue aux attentives
Un fantôme s’est suicidé
L’apôtre au figuier pend et lentement salive
Jouons donc cet amour aux dés

Des cloches aux sons clairs annonçaient ta naissance
Vois
Les chemins sont fleuris et les palmes s’avancent
Vers toi

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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Un commentaire sur “Un Soir”

  1. levine

    dit :

    J’aimerai de l’aide sur ce poème svp. J’ai démontré la modernité, l’amour à travers les yeux dans le texte. Bon, je n’arrive pas à parler du fantôme qui s’est suicidé.

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