Nuit rhénane

Guillaume Apollinaire

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire

Guillaume Apollinaire, Rhénanes, Alcools, 1913

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5 commentaires sur “Nuit rhénane”

  1. gilbert couscous

    dit :

    J’aime la Gouadeloupe et le mafé, mais également danser autour du feu.

  2. Farouk

    dit :

    Pertinant. D’une subtilité incroyable.

  3. guigui du 51

    dit :

    Très beau poème, une véritable oeuvre d’art. On ressent toutes les émotions qu’il nous fait passer.

  4. Akim mange sont lit

    dit :

    J’aime bien

  5. corinne

    dit :

    Je vais dédicacer ce poème à mon amie Angélique, la fille échevelée qui aime tant le vert et les vers des poètes, et qui m’apprends que cette nuit, la lune est pleine.

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