Les Colchiques

Guillaume Apollinaire

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

Les enfants de l’école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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22 commentaires sur “Les Colchiques”

  1. Bounagua

    dit :

    1. sur quel analogie se construit le poème ?

    2. relevez les éléments qui appartiennent à un cadre bucolique. En quoi le cadre bucolique se tient d’une coloration menaçante voir dangereusement ?

    3. en quel saison se passe cette scène et à quoi est-elle associé ?

    4. commentez la structure du poème que peux signifier le rétrécissement que vous observez ?

    5. pk appolinaire a-t-il choisie le colchique ? Le colchique vient de colchique quel magnecienne mais aussi si célèbre empoisonneuse y résidait dans la mythologie ?

    6. à quel partie du corps de la femme aime est associée ce poème ?

  2. Jamy (le vrai)

    dit :

    La meilleure partie du poème reste tout de même les commentaires; un délice.

  3. Copine de Jacques

    dit :

    Jacques si tu passes par là sache que ce poème parle de notre couple.

  4. Eloise

    dit :

    Qui peux expliquer les mères filles de leurs filles

  5. Arrouf gangsta

    dit :

    J’espère que je tomberais sur ce texte lors de mon oral (si c’est tjrs maintenu)

  6. OgsanaDeL’Exagone

    dit :

    Actuellement en cours de français et on étudie ce poème et tout le recueil, pour être franche je ne comprends pas trop son mouvement. donc voilà mais sinon très joli texte.

  7. Franz

    dit :

    Très beau poème, mais comme disait mon collègue Axel, les poèmes c’est comme les gnocchis c’est pas très reluisant mais dès qu’on commence on s’arrête plus.

  8. Max

    dit :

    Très beau poème qui reflète parfaitement l’état d’âme du poète avec de nombreuses figures de style comme une anacoluthe où la rupture de construction est présente, ou encore une hypotypose qui se fonde sur l’animation d’une description et qui est destinée généralement à faire voir au lecteur quelque chose et je citerais mon collègue Axel qui a fait une magnifique comparaison entre les gnocchis et ce poème.

  9. Jotaro

    dit :

    Je pleure autant devant ce poème que Joseph et Lisa Lisa à la mort de Caesar. Emouvant

  10. laurent

    dit :

    Beauté indicible du poème, souvenirs de lycée… un temps révolu.

  11. Gabriel

    dit :

    Daniel, on pourrait employer le mot le plus simple, il y en aurait toujours qui ne comprendraient toujours pas : la bêtise est bien plus redoutable que l’intelligence, et ce, parce que la bêtise se passe pour intelligence bien mieux que cette dernière ce ne se passe pour bêtise.

    Ceci dit, il faut remettre ce poème dans son contexte : tournant du XXème, Apollinaire est jeune (il n’est même pas encore connu sous ce nom, mais sous le nom de « Kostro », diminutif de son nom polonais) et sous l’influence du romantisme allemand et d’un symbolisme français qui s’essouffle. Il cherche encore son style, expérimente, va chercher des images parfois hermétiques, comme l’allusion à Médée dans la deuxième strophe, ou encore à Orphée dans la dernière, décrit ici comme un pasteur qui vient mettre en garde son troupeau pour que ce dernier quitte les près de colchiques, c’est à dire la femme toxique… Cette dernière est sans doute Annie Pleyden, la gouvernante d’une famille pour qui Apollinaire travaillait dans les années 1900 en tant que précepteur ; c’est son premier amour, elle lui fait croire qu’il a une chance avec elle, mais le quitte un jour sans prévenir et part pour les États Unis.

  12. daniel

    dit :

    Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple. Pourquoi ne pas dire les mots simplement pour que tout le monde comprenne ce qui est dit; pour vous c’est beau, pour moi ça l’est moins, je n’aime pas les choses cachées… Quand on a quelque chose à dire, surtout pour les sentiments, alors, il faut le dire clairement, sans passer par des phrases que personne ne comprend, ou très peu etc…

  13. L’intelligence meme

    dit :

    Vous m’avez l’air bien bête. Ne voyez vous pas que le colchique définis la femme poison qui empoisonnent le poète et à la fin il la quitte ?

  14. Pivoine

    dit :

    C’est toujours aussi émouvant de lire ce poème d’Apollinaire, cette comparaison entre le bleu des colchiques et le bleu des yeux de l’être aimé, l’expression de l’amour, la paix qui s’en dégage, le rythme des vers…. Un chef-d’œuvre! Il n’y a qu’à se laisser bercer par les mots plutôt que chercher trop loin (drogue, tabac etc…)

  15. Mouna moons

    dit :

    Il s’agit de son amour. Il l’a étranglé en faisant l’amour.

  16. Austruit

    dit :

    Wesh trop bien le poème.

  17. Guibli w.

    dit :

    Un poème qui a marqué mes souvenirs du lycée et m’a instruit sur les plaisirs qui sont sources de poison tels que le tabac, la drogue, l’alcool et même le plaisir sexuel.

  18. patricia

    dit :

    Très beau et lu et relu et intoxiqué par le colchique avant hier, passé la nuit aux urgences à l’hopital !!! mais tout va bien
    rien ne ressemble plus à un bulbe qu’un autre à s’y méprendre !

  19. Urbino

    dit :

    Cette poésie est très belle

  20. billach

    dit :

    J’adore cette séquence. Ce rythme,cette paix de la vache qui paît en paix. Cette violence douce et doucement cruelle. J’entends Garçon vacher appelant la mamelle. Sa gourmandise impie se désaltère au pis. Mais le pire s’en vient; le poison malfaisant terrasse la bovine pâmée dans les colchiques. J’adore Apollinaire pauvre trépané.

  21. Leydorn

    dit :

    Médée, l’alcool, poisons, maux, dols
    L’illusion temporelle en fleurit les envols
    En s’extrayant de la matière on la transcende
    La mort est la frontière où cesse la provende…

    …s’agirait-il alors de vivre sa passion ?
    D’en être pénétré.e, d’y prêter attention..?

  22. Lol

    dit :

    Wow

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