Les Colchiques

Guillaume Apollinaire

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

Les enfants de l’école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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11 commentaires sur “Les Colchiques”

  1. daniel

    dit :

    Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple. Pourquoi ne pas dire les mots simplement pour que tout le monde comprenne ce qui est dit; pour vous c’est beau, pour moi ça l’est moins, je n’aime pas les choses cachées… Quand on a quelque chose à dire, surtout pour les sentiments, alors, il faut le dire clairement, sans passer par des phrases que personne ne comprend, ou très peu etc…

  2. L’intelligence meme

    dit :

    Vous m’avez l’air bien bête. Ne voyez vous pas que le colchique définis la femme poison qui empoisonnent le poète et à la fin il la quitte ?

  3. Pivoine

    dit :

    C’est toujours aussi émouvant de lire ce poème d’Apollinaire, cette comparaison entre le bleu des colchiques et le bleu des yeux de l’être aimé, l’expression de l’amour, la paix qui s’en dégage, le rythme des vers…. Un chef-d’œuvre! Il n’y a qu’à se laisser bercer par les mots plutôt que chercher trop loin (drogue, tabac etc…)

  4. Mouna moons

    dit :

    Il s’agit de son amour. Il l’a étranglé en faisant l’amour.

  5. Austruit

    dit :

    Wesh trop bien le poème.

  6. Guibli w.

    dit :

    Un poème qui a marqué mes souvenirs du lycée et m’a instruit sur les plaisirs qui sont sources de poison tels que le tabac, la drogue, l’alcool et même le plaisir sexuel.

  7. patricia

    dit :

    Très beau et lu et relu et intoxiqué par le colchique avant hier, passé la nuit aux urgences à l’hopital !!! mais tout va bien
    rien ne ressemble plus à un bulbe qu’un autre à s’y méprendre !

  8. Urbino

    dit :

    Cette poésie est très belle

  9. billach

    dit :

    J’adore cette séquence. Ce rythme,cette paix de la vache qui paît en paix. Cette violence douce et doucement cruelle. J’entends Garçon vacher appelant la mamelle. Sa gourmandise impie se désaltère au pis. Mais le pire s’en vient; le poison malfaisant terrasse la bovine pâmée dans les colchiques. J’adore Apollinaire pauvre trépané.

  10. Leydorn

    dit :

    Médée, l’alcool, poisons, maux, dols
    L’illusion temporelle en fleurit les envols
    En s’extrayant de la matière on la transcende
    La mort est la frontière où cesse la provende…

    …s’agirait-il alors de vivre sa passion ?
    D’en être pénétré.e, d’y prêter attention..?

  11. Lol

    dit :

    Wow

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