Ballade finale

François Villon

Ici se clôt le testament
Et finit du pauvre Villon.
Venez à son enterrement,
Quand vous orrez le carillon,
Vêtus rouge com vermillon,
Car en amour mourut martyr :
Ce jura-t-il sur son couillon
Quand de ce monde vout partir.

Et je crois bien que pas n’en ment,
Car chassé fut comme un souillon
De ses amours haineusement,
Tant que, d’ici à Roussillon,
Brosse n’y a ne brossillon
Qui n’eût, ce dit-il sans mentir,
Un lambeau de son cotillon,
Quand de ce monde vout partir.

Il est ainsi et tellement,
Quand mourut n’avoit qu’un haillon ;
Qui plus, en mourant, malement
L’époignoit d’Amour l’aiguillon ;
Plus aigu que le ranguillon
D’un baudrier lui faisoit sentir
(C’est de quoi nous émerveillon)
Quand de ce monde vout partir.

Prince, gent comme émerillon,
Sachez qu’il fit au départir :
Un trait but de vin morillon,
Quand de ce monde vout partir.

François Villon, Le testament

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5 commentaires sur “Ballade finale”

  1. Claude BODINIER

    dit :

    Il accompagna avec bonheur « le grand Brassens » durant toute son existence.

  2. michele GAGNERET

    dit :

    Merci monsieur, vous seul connaissez Villon…

  3. michele GAGNERET

    dit :

    Je voudrais retrouver la totalité du poème!

  4. michele GAGNERET

    dit :

    Je cherche un poème de Villon « aye si j eusse etudie du temps de ma jeunesse folle et a vonnes meurs dedie j eusse maison et couche molle… »

  5. Kenny Jean Michel

    dit :

    Du français démodé, ne retire rien dans la beauté et le chagrin qu’on a pu encore ressentir même après plusieurs siècles de ce merveilleux testament. Bravo Francois Villon!

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