La Mort du Soleil

Charles Leconte de Lisle

Le vent d’automne, aux bruits lointains des mers pareil,
Plein d’adieux solennels, de plaintes inconnues,
Balance tristement le long des avenues
Les lourds massifs rougis de ton sang, ô soleil !

La feuille en tourbillons s’envole par les nues ;
Et l’on voit osciller, dans un fleuve vermeil,
Aux approches du soir inclinés au sommeil,
De grands nids teints de pourpre au bout des branches nues.

Tombe, Astre glorieux, source et flambeau du jour !
Ta gloire en nappes d’or coule de ta blessure,
Comme d’un sein puissant tombe un suprême amour.

Meurs donc, tu renaîtras ! L’espérance en est sûre.
Mais qui rendra la vie et la flamme et la voix
Au cœur qui s’est brisé pour la dernière fois ?

Charles Leconte de Lisle, Poèmes barbares

Imprimer ce poème

Un commentaire sur “La Mort du Soleil”

  1. Louis Duret

    dit :

    Ce poème est d’une authenticité remarquable. Le poète a réussi à y faire sentir la mélancolie caractéristique de l’automne. Bravo, ce poème est magnifique!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *