Pasiphaé

André Chénier

Tu gémis sur l’Ida, mourante, échevelée,
Ô reine ! ô de Minos épouse désolée !
Heureuse si jamais, dans ses riches travaux,
Cérès n’eût pour le joug élevé des troupeaux !
Tu voles épier sous quelle yeuse obscure,
Tranquille, il ruminait son antique pâture ;
Quel lit de fleurs reçut ses membres nonchalants
Quelle onde a ranimé l’albâtre de ses flancs.
Ô nymphes, entourez, fermez, nymphes de Crète,
De ces vallons fermez, entourez la retraite.
Oh ! craignez que vers lui des vestiges épars
Ne viennent à guider ses pas et ses regards.
Insensée, à travers ronces, forêts, montagnes,
Elle court. Ô fureur ! dans les vertes campagnes,
Une belle génisse à son superbe amant
Adressait devant elle un doux mugissement.
La perfide mourra ; Jupiter la demande.
Elle-même à son front attache la guirlande,
L’entraine, et sur l’autel prenant le fer vengeur :
 » Sois belle maintenant, et plais à mon vainqueur. « 
Elle frappe. Et sa haine, à la flamme lustrale,
Rit de voir palpiter le coeur de sa rivale.

André Chénier

Imprimer ce poème

Un commentaire sur “Pasiphaé”

  1. ngoran

    dit :

    Un veritable texte poetique mais quelle expliction chenier donne t-il a son texte

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *