À Marceline Desbordes-Valmore

Albert Samain

L’amour, dont l’autre nom sur terre est la douleur,
De ton sein fit jaillir une source écumante,
Et ta voix était triste et ton âme charmante,
Et de toi la pitié divine eût fait sa sœur.

Ivresse ou désespoir, enthousiasme ou langueur,
Tu jetais tes cris d’or à travers la tourmente ;
Et les vers qui brûlaient sur ta bouche d’amante
Formaient leur rythme aux seuls battements de ton cœur.

Aujourd’hui, la justice, à notre voix émue,
Vient, la palme à la main, vers ta noble statue,
Pour proclamer ta gloire au vieux soleil flamand.

Mais pour mieux attendrir ton bronze aux tendres charmes,
Peut-être il suffirait — quelque soir — simplement
Qu’une amante vînt là jeter, négligemment,

Une touffe de fleurs où trembleraient des larmes.

Albert Samain, Le chariot d’or (1900)

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Un commentaire sur “À Marceline Desbordes-Valmore”

  1. ABADIE Louis

    dit :

    Entre pays… Samain a-t-il une rue à Lille comme Marceline à Douai chère à Rimbaud…

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