Lorsque ma soeur et moi

Théodore de Banville

Lorsque ma soeur et moi, dans les forêts profondes,
Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,
En nous baisant au front tu nous appelais fous,
Après avoir maudit nos courses vagabondes.

Puis, comme un vent d’été confond les fraîches ondes
De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,
Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,
Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

Et pendant bien longtemps nous restions là blottis,
Heureux, et tu disais parfois : Ô chers petits.
Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

Les jours se sont enfuis, d’un vol mystérieux,
Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille
Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

Théodore de Banville

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23 commentaires sur “Lorsque ma soeur et moi”

  1. latta

    dit :

    un jour j’ai tapé : lorsque ma sœur et moi… ho ! Surprise, la suite est apparue… émotion car j’avais appris ce poême par cœur il y a 65 ans !

  2. Salim

    dit :

    J’ai appris ce poème très jeune comme il me semble beaucoup d’autres. Et chaque fois que je le relis, j’ai un pincement au coeur. Salut à tous. SK

  3. Mohand Hammache

    dit :

    J’ai partagé cette poésie en hommage à un oncle décédé jeune. C’est lui qui m’a fait découvrir cette belle poésie et depuis elle est ancrée dans ma tête et aucun événement ne peut la dissiper.

  4. Campagna Carmel

    dit :

    Magnifique poème que je n’ai jamais oublié après de nombreuses décennies. Je l’ai appris alors que j’avais tout juste dix ans à l’école primaire de la rue medjez el bab à Tunis. Je suis surpris de constater que c’est surtout en Afrique du nord que les enseignants appréciaient Monsieur Th. de BANVILLE. Je suggère aux personnes intéressées la lecture de : Le livre de ma Mère d’Albert COHEN que Patrick TIMSIT a interprété sur scène

  5. Mohamed B. K.

    dit :

    J’ai 61 ans j’ai appris ce poème à l’âge de 11 ans à l’école primaire d’El-Akhouat (willaya de Siliana, Tunisie). Notre maître était Si Bechir Rjiba. Je l’apprends toujours par cœur avec tant d’autres, comme La mort du loup de Vigny, etc. J’aime beaucoup ce poème.

  6. LERMIER

    dit :

    C’est touchant cette unanimité, mais que viennent faire Jésus et la religiosité ? Pourquoi faire dire plus à ce touchant poème, ne dit-il pas assez …

  7. dani

    dit :

    J’ai appris ce poème à l’âge de 13 ans à l’école primaire de Ouillis Mostaganem en Algérie avec ma maitresse que j’adore (Mademoiselle Alice Guallin de Besançon, France). J’ai 74 ans et je me souviens toujours en le récitant. Il me donne envie de pleurer. Merci à l’auteur et à ma maitresse.

  8. Ayadi Mohammed

    dit :

    J’ai appris ce merveilleux poème tout au début des années 1950 dans ce beau village d’El Ouricia proche de Sétif en Algérie, grace à mon excellent Instituteur monsieur Sarni (allah ya rahmou). J’ai 76 ans. Je suis venu visiter ce site parce que je parlais encore et toujours de ce poème à une amie. J’en garde un si doux souvenir comme je garde un émouvant souvenir de ma mère que je pleure encore et toujours.

  9. une étudiante

    dit :

    Savez-vous de quel recueil est extrait ce poème?

  10. abderrahim

    dit :

    J’ai appris ce poème en primaire dans une école dans la willaya de Mila, Algérie, je l’apprends toujours par cœur avec tant d’autres, j’ai maintenant 62 ans, une fois, j’ai croisé le maître qui me l’avait appris, il y a fort longtemps que je ne l’avais pas rencontré, nous l’avons récité tout deux ensemble jusqu’à la fin, on s’est échangé et évoqué des souvenir des belles années où l’envie et le désire d’apprendre étaient forts.

  11. Lagier

    dit :

    J’ai 72 ans j’ai appris ce poème à l’âge de 12 ans il me semble. J’ai vécu à la campagne et c’est vrai je me suis déchiré les jambes et les genoux. J’aime beaucoup ce poème car il ravive en nous cet amour maternel car bien souvent le père n’était plus là.

  12. Phip Hoang

    dit :

    J’ai appris ce beau poeme pour la recitation en classe de neuvieme au petit Lycee Pavie a Vientiane du Laos dans les annees scolaire 1957-1958. Chaque fois que je lis ce poeme, mes souvenirs d’enfance se deroulent dans ma memoire et surtout ma maitresse Madame Vincent que je lui considere comme ma mere bien aimée.

  13. Ghislain

    dit :

    L’un des plus beaux poème de la langue française car universel et individuel dans le ressenti dans le même temps… Il rejoint « dis qu’as-tu fait toi que voilà pleurant sans cesse, dis qu’as-tu fait toi que voilà, de ta jeunesse »… à toutes nos mères !

  14. Jeandugard

    dit :

    Comme quoi les plus belles poésies peuvent aussi réveiller quelques douleurs de jeunesse.

  15. Jeandugard

    dit :

    Comme beaucoup, j’ai appris ce poème dans les années 60 en cours moyen. Ah! Comme j’aurais aimé que ma mère me prit sur ses genoux ! Mais cela n’a jamais été le cas… A 65 ans c’est peut-être ce qui me manque le plus ?

  16. Rafika

    dit :

    Je suis une ancienne élève de Saint Mari des Champs à Oran. J’ai maintenant 55ans et je me rappelle encore de ce poème que j’ai appris quand j’étais en CM1. Où est-il ce bon vieux temps?

  17. mustaphabachiri

    dit :

    J’apprécie beaucoup ce poème car il incarne un souvenir d’enfance universel exprimé avec tant d’habileté et de délicatesse.

  18. Carassus alfred

    dit :

    L’émotion est la richesse de l âme… merci d avoir apprécié ces quelques vers… à une époque où règne en maître hélas une pauvreté physique, intellectuelle et morale…

  19. mohchen

    dit :

    C’est un hymne tressé au tendre amour maternel que n’efface jamais le temps qui passe.

  20. ALIOTTI

    dit :

    Magnifique poème… Je le connais par cœur… C’est toujours avec émotion et bonheur que je le récite… Je revois avec tendresse le visage de ma mère!

  21. paul.masri@hotmail.con

    dit :

    A chaque fois que je lis ce poème de Theodore De Banville je pleure même à l’âge de 65 ans. La fin du poème est un certitude de l’auteur de son amour pour sa mère et sa foi en Jesus qui nous aime et qui nous amène à la vie éternelle ou la jeunesse et le sourire éclatant de notre mère fleurira à jamais dans ses yeux.

  22. Paul Masri

    dit :

    J’ai actuellement 65 ans. Je suis ingénieur retraité du ministère de l’industrie au Liban. J’ai perdu ma mère le 5 janvier 1985. Je connais ce poème depuis la classe de seconde ou j’étais élève du collège Notre Dame de Jamhour. Quand j’ai relu ce poème j’ai pleuré et je ne cesserais de le faire à chaque fois que je le lis. Un des plus beaux poèmes de Theodore de Banville qui à la fin du poème fait allusion a cette jeunesse éclatante continue à fleurir dans ses yeux et son visage qui est une assurance pour moi que la mort et la montée au ciel chez le Bon Dieu redonne la vie éternelle pleine de jeunesse et de sourire.

  23. ghislaine

    dit :

    Quand j’étais en cinquième et la sœur (religieuse prof) me l’a faite réciter devant la mère supérieure. Et à la fin, confuse, j’ai dit : « Théodore de Banville né à Moulins de 1823 à 1891 ». Les deux religieuses ont éclaté de rire et j’ai eu 20 sur 20.

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