La Cour du Lion

Jean de La Fontaine

Sa Majesté Lionne un jour voulut connaître
De quelles nations le Ciel l’avait fait maître.
Il manda donc par députés
Ses vassaux de toute nature,
Envoyant de tous les côtés
Une circulaire écriture,
Avec son sceau. L’écrit portait
Qu’un mois durant le Roi tiendrait
Cour plénière, dont l’ouverture
Devait être un fort grand festin,
Suivi des tours de Fagotin.
Par ce trait de magnificence
Le Prince à ses sujets étalait sa puissance.
En son Louvre il les invita.
Quel Louvre ! un vrai charnier, dont l’odeur se porta
D’abord au nez des gens. L’Ours boucha sa narine :
Il se fût bien passé de faire cette mine,
Sa grimace déplut. Le Monarque irrité
L’envoya chez Pluton faire le dégoûté.
Le Singe approuva fort cette sévérité,
Et flatteur excessif il loua la colère
Et la griffe du Prince, et l’antre, et cette odeur :
Il n’était ambre, il n’était fleur,
Qui ne fût ail au prix. Sa sotte flatterie
Eut un mauvais succès, et fut encore punie.
Ce Monseigneur du Lion-là
Fut parent de Caligula.
Le Renard étant proche : Or çà, lui dit le Sire,
Que sens-tu ? dis-le-moi : parle sans déguiser.
L’autre aussitôt de s’excuser,
Alléguant un grand rhume : il ne pouvait que dire
Sans odorat ; bref, il s’en tire.
Ceci vous sert d’enseignement :
Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire,
Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère,
Et tâchez quelquefois de répondre en Normand.

Jean de La Fontaine

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7 commentaires sur “La Cour du Lion”

  1. sara tamba

    dit :

    Quel beau poéme, rien à dire!!!

  2. CHRYSTAL

    dit :

    je comprend que certaint aime d’autres moins mais cette « histoire » raconte tout simplement ce que l’on veut
    merci a ceux qui aime et ceux qui n’aime pas soyer franc et ne vous obliger pas a l’apprecier

  3. el assaad

    dit :

    horrible je déteste (ce n’est pas pour blesser l’auteur)

  4. valentin

    dit :

    Excellent !

  5. le pros de fifa

    dit :

    tres beau poeme

  6. Juliette

    dit :

    très beau poème

  7. Sophie

    dit :

    Peut-on vraiment qualifier cet apologue de « poème » ?

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