Marie, levez-vous, ma jeune paresseuse

Pierre de Ronsard

Marie, levez-vous, ma jeune paresseuse :
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné,
Et jà le rossignol doucement jargonné,
Dessus l’épine assis, sa complainte amoureuse.

Sus ! debout ! allons voir l’herbelette perleuse,
Et votre beau rosier de boutons couronné,
Et vos oeillets mignons auxquels aviez donné,
Hier au soir de l’eau, d’une main si soigneuse.

Harsoir en vous couchant vous jurâtes vos yeux
D’être plus tôt que moi ce matin éveillée :
Mais le dormir de l’Aube, aux filles gracieux,

Vous tient d’un doux sommeil encor les yeux sillée.
Çà ! çà ! que je les baise et votre beau tétin,
Cent fois, pour vous apprendre à vous lever matin.

Pierre de Ronsard

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2 commentaires sur “Marie, levez-vous, ma jeune paresseuse”

  1. Luco

    dit :

    Très joli texte du 15ème siècle approchant les moeurs et coutumes de l’époque et la relation des amoureux. Quelques mots à expliquer (tétin, sillée…).

  2. Antonine

    dit :

    Jamais ne me lasserai de ce sonnet charmant… qui invite à la paresse des matins d’été.

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