Soleil couchant

José-Maria de Heredia

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

José-Maria de Heredia, Les Trophées

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Un commentaire sur “Soleil couchant”

  1. Moureaux O

    dit :

    Je suivais une cure thermale à Roscoff en Bretagne quand j’ai lu ce poème, imprimé sur le tapis du couloir de l’hôtel. J’ai trouvé l’idée jolie de mettre ainsi la poésie à la portée de tout un chacun. J’ai aussitôt copié ce poème demandant à la réception qui en était l’auteur et l’ai appris par cœur. Il s’applique bien à la Bretagne, à la tombée de la nuit, entre chien et loup.

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