Au temps où longuement j’avais souffert

Emile Verhaeren

Au temps où longuement j’avais souffert,
Où les heures m’étaient des pièges,
Tu m’apparus l’accueillante lumière
Qui luit aux fenêtres, l’hiver,
Au fond des soirs, sur de la neige.

Ta clarté d’âme hospitalière
Frôla, sans le blesser, mon coeur,
Comme une main de tranquille chaleur.

Puis vint la bonne confiance,
Et la franchise, et la tendresse, et l’alliance
Enfin de nos deux mains amies,
Un soir de claire entente et de douce accalmie.

Depuis, bien que l’été ait succédé au gel,
En nous-mêmes, et sous le ciel,
Dont les flammes éternisées
Pavoisent d’or tous les chemins de nos pensées,
Et que l’amour soit devenu la fleur immense
Naissant du fier désir
Qui sans cesse, pour mieux encor grandir,
En notre coeur se recommence
Je regarde toujours la petite lumière
Qui me fut douce, la première.

Emile Verhaeren, Les Heures claires

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4 commentaires sur “Au temps où longuement j’avais souffert”

  1. Louis

    dit :

    Ah bon ! Mince je pensais que ça parlais d’amour entre adultes… Où il se serait séparé puis aurait rencontrer quelqu’un qui l’a sauvé de la déprime et il serait passé de l’amour de réconfort à l’amour sincère au file du temps mais pour autant il n’oublie pas son premier amour. Je dois être totalement à côté de la plaque ; pourrais tu m’éclairer s’il te plaît, Anna ?

  2. nana

    dit :

    Je voulais dire: « j’espère que tu t’es pas marrée avec ton enfant »

  3. nana

    dit :

    Sabrina, tu es au courant qu’elle parle de son bébé et la souffrance est l’accouchement. J’espère que tu t’es pas mariée avec ton « homme » ?

  4. Sabrina

    dit :

    Très beau poème! J’ai écrit ce poème à mon homme car la situation correspondait bien. J’ai l’impression, en lisant quelques poèmes, que tout le monde vit plus ou moins la même chose. J’espère que ca lui plaira aussi.

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