Au temps où longuement j’avais souffert

Emile Verhaeren

Au temps où longuement j’avais souffert,
Où les heures m’étaient des pièges,
Tu m’apparus l’accueillante lumière
Qui luit aux fenêtres, l’hiver,
Au fond des soirs, sur de la neige.

Ta clarté d’âme hospitalière
Frôla, sans le blesser, mon coeur,
Comme une main de tranquille chaleur.

Puis vint la bonne confiance,
Et la franchise, et la tendresse, et l’alliance
Enfin de nos deux mains amies,
Un soir de claire entente et de douce accalmie.

Depuis, bien que l’été ait succédé au gel,
En nous-mêmes, et sous le ciel,
Dont les flammes éternisées
Pavoisent d’or tous les chemins de nos pensées,
Et que l’amour soit devenu la fleur immense
Naissant du fier désir
Qui sans cesse, pour mieux encor grandir,
En notre coeur se recommence
Je regarde toujours la petite lumière
Qui me fut douce, la première.

Emile Verhaeren, Les Heures claires

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Un commentaire sur “Au temps où longuement j’avais souffert”

  1. Sabrina

    dit :

    Très beau poème! J’ai écrit ce poème à mon homme car la situation correspondait bien.
    J’ai l’impression, en lisant quelques poèmes, que tout le monde vit plus ou moins la même chose.
    J’espère que ca lui plaira aussi.

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