L’Alchimiste

Paul-Jean Toulet

Satan, notre meg, a dit
Aux rupins embrassés des rombières :
 » Icicaille est le vrai paradis
 » Dont les sources nous désaltèrent.

 » La vallace couleur du ciel
 » Y lèche le long des allées
 » Le pavot chimérique et le bel
 » Iris, et les fleurs azalées.

 » La douleur, et sa soeur l’Amour,
 » La luxure aux chemises noires
 » Y préparent pour vous, loin du jour,
 » Leurs poisons les plus doux à boire.

 » Et tandis qu’aux portes de fer
 » Se heurte la jeune espérance,
 » Une harpe dessine dans l’air
 » Le contour secret du silence. « 

Ainsi (à voix basse) parla
Le sorcier subtil du Grand Oeuvre,
Et Lilith souriait, dont les bras
Sont plus frais que la peau des couleuvres.

Paul-Jean Toulet, Chansons

Imprimer ce poème

Un commentaire sur “L’Alchimiste”

  1. amoureux

    dit :

    Bon à savourer , surtout quand vous imaginez ces scènes , j’aime beaucoup .
    ❤Paul-Jean Toulet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *