Bohémiens en voyage

Charles Baudelaire

La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s’est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.

Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots où les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chimères absentes.

Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson;
Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L’empire familier des ténèbres futures.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

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6 commentaires sur “Bohémiens en voyage”

  1. Ilyane

    dit :

    J’adore

  2. Noémie

    dit :

    J’adore ce poeme

  3. C’est Guy

    dit :

    Je n’ai pas bien compris, mais j’aime bien.

  4. Antoine

    dit :

    Quelle est la date de publication de ce poème s’il vous plait ? C’est pour mes élèves de 5ème. Merci d’avance !

  5. jean-Claude

    dit :

    Bonjour, j’aimerais savoir si ce poème est lyrique ?

  6. Georges De Goeyse

    dit :

    Bien dès fois ,le matin j’entends les moteurs des voitures se déplacer .Personne ne les connait ses bohémiens du monde metronomique.Charles Baudelaire peint
    un tableau exquis et mon matin est celui là.Ce soir de
    la saint Nicolas ,un chat bohémien s’est étendu sur un lit et rêve chaleureusement ,la maison est entière.

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