Le Guignon

Charles Baudelaire

Pour soulever un poids si lourd,
Sisyphe, il faudrait ton courage!
Bien qu’on ait du coeur à l’ouvrage,
L’Art est long et le Temps est court.

Loin des sépultures célèbres,
Vers un cimetière isolé,
Mon coeur, comme un tambour voilé,
Va battant des marches funèbres.

— Maint joyau dort enseveli
Dans les ténèbres et l’oubli,
Bien loin des pioches et des sondes;

Mainte fleur épanche à regret
Son parfum doux comme un secret
Dans les solitudes profondes.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

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4 commentaires sur “Le Guignon”

  1. Ayela

    dit :

    Comme il sera long et splendide le poème qui s’écrira avec chacune de nos singularités comme phonème des mots qui le composeront. Nul doute que celle de Charles B. en constituera une rime riche !

  2. Léna

    dit :

    Très profond

  3. Emilie

    dit :

    Stylé

  4. Arthur

    dit :

    Il est cool ce poème

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