Correspondances

Charles Baudelaire

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

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6 commentaires sur “Correspondances”

  1. Edgar Archer

    dit :

    Avez-vous remarqué que ce sont les symboles de la nature qui observent l’homme et pas l’inverse ?

  2. AA

    dit :

    Bonjour, ce poème est-il romantique?

  3. david

    dit :

    Souvenir ému de l’épreuve du bac français 1971 en commentaire de texte.

  4. Yui

    dit :

    Il a été écrit en 1855 je crois ?

  5. Kate

    dit :

    Le respet du sonnet aide la lecture. je suis bien d’accord avec Tchernika. Quelle sensualité étourdissante dans ce poéme !

  6. Tchernika

    dit :

    Quel plaisir de relire quelques poèmes familiers lorsqu’on est sans ses livres, mais pourquoi ne pas présenter les sonnets sous leur forme habituelle: deux quatrains et deux tercets?

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