Fantaisie

Gérard de Nerval

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !

Gérard de Nerval

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21 commentaires sur “Fantaisie”

  1. jürgen martin möller

    dit :

    J‘avais une discussion concernant le rythme de ce poême avec mon professeur dans une école allemande: il l’a recité 4/4, taTAtaTAtaTAtaTAtaTA – avec l‘effet inévitable que languissant devenait langUIssant et des charmes secrèts changeaient en charmEs secrèts. Finalement, au château de briques, les coins de pierre sont cassés totalement… Quand j‘ai lu le poême à lui comme valse, 3/4, tout allait rond, comme une pièce de musique. Mon professeur n‘hésitait pas de concéder qu’il s‘était trompé. Moi, ayant raison, me sentais mal.

  2. Moramedcouscous

    dit :

    Beau mélancolique

  3. Mohamed

    dit :

    Je suis en CE2 et je l’apprends. Ce n’est pas facile.

  4. Yume

    dit :

    Quand j’étais en 5éme ma prof de français me l’a donné à apprendre il y a de cela 4 ans. C’est l’un de mes préférés avec « heureux, qui comme Ulysse, a fait un bon voyage »

  5. Denise

    dit :

    Cette poésie, je l’ai apprise au début des années 60, en 6e, au collège de Liévin, pour participer à un concours de diction. Si toute la classe m’avait choisie pour la représenter, ma professeure de Français a préféré une autre élève, Evelyne, perdue de vue et retrouvée avec joie quelques années plus tard, en seconde. Cette institutrice, alors que j’étais une bonne élève, ne m’aimait pas et cherchait à m’humilier : un jour, alors que j’étais sur l’estrade en train de réciter face à toute la classe, elle a soulevé légèrement ma jupe pour montrer mon jupon en s’écriant « a-t-on besoin d’un jupon en dentelle pour venir en classe » ? Aujourd’hui, ce genre de comportement porte un nom… J’ai oublié le nom de cette prof mais jamais cette poésie qui m’a sans doute donné l’envie d’en écrire beaucoup d’autres…

  6. Paul

    dit :

    Je ne l’ai pas compris

  7. Evelyne Gervail

    dit :

    Il y a des choses qui nous marquent à jamais… ce poème m’a bouleversée, alors que j’avais 13 ou 14 ans… par son rythme, une magnifique mélopée, son style et surtout son thème, les vies antérieures… J’aurai 60 ans dans quelques jours, et ce poème, comme beaucoup d’autres, a bercé mes moments d’evasion…. pour en citer d’autres: L’Automne de Lamartine, Spleen, Chant d’Automne, La chevelure, L’invitation au Voyage de Baudelaire, Demain dès L’aube de V.Hugo… Merci à mes professeurs de Français, qui ont su me communiquer leur passion pour les vers, et la belle prose…

  8. Marc

    dit :

    C’est un poème que j’ai appris au lycée, il y a bien longtemps. J’ai aussitôt été séduit par sa beauté et son tempo mélancolique. Depuis, il ne m’a jamais quitté, il est souvent dans ma tête et il m’arrive parfois de le dire à des amis. J’adore sa musique langoureuse, celle d’un temps rêvé. Une merveille.

  9. Depas

    dit :

    Ce très beau poème, je l’ai découvert, il y a peu. Je l’ai tellement aimé que j’ai pris la peine de le mémoriser ! A 72 ans, quitte à faire travailler ses neurones, autant le faire en beauté !

  10. Sarah Baray

    dit :

    Je devais avoir 14 ans à l’époque ou j’ai appris ce poème, je ne l’ai jamais oublié. Quel bonheur de savoir que d’autres personnes partagent les mêmes souvenirs.

  11. Daza

    dit :

    Mon fils avait appris ce poème en CM1 il y a environ 40 ans. Je ne l’ai jamais oublié. Quant à lui, je ne sais pas… « La Dame à la haute fenêtre » évoque pour moi un autre tableau du Moyen Age (donc antérieur) représentant une Dame assise devant une cheminée et lisant. Un jeune page se tient derrière son siège. Qui connait cela (peut-être une tapisserie du M-A) ?

  12. Marc Abitbol

    dit :

    Magnifique poème joyau de la langue francaise

  13. Laury

    dit :

    Philippe, Gérard, oui il est nécessaire de se frotter à l’art, à la culture, pour nourrir notre esprit et notre coeur, et se donner la possibilité de s’élever. Ce poème de Nerval est un bijou et il transporte notre âme vagabonde vers des endroits inconnus de notre jardin secret.

  14. JOSA ANNICK

    dit :

    Il y a plus de 50 ans, notre professeur de Français nous avait fait étudier ce poème. Aujourd’hui encore je m’en souviens et éprouve toujours autant de plaisir à y penser car cela me fait rêver et permet à chacun d’interpréter le décor, les personnages et l’atmosphère musical… un petit film! Merci M. de Nerval pour tant de sensibilité et de beauté

  15. Gérard

    dit :

    Voyez vous Philippe, il m’est agréable de constater que nous puissions, au travers de ce site, nous retrouver, malgré notre différence d’âge sur ce qui grandit l’être humain, son instruction. Merci à nos professeurs pour ce travail. Ils sont, à part conséquente, les artisans de notre savoir, de notre construction. L »écriture, la poésie, la musique, la culture dans son ensemble ne peuvent qu’élever le commun des mortels que nous sommes.

  16. Philippe BOUCAUD

    dit :

    Gérard, moi, j’étais en seconde, au Lycée Français de Londres, mais il y a plutôt 60 ans (même un peu plus !). Moi aussi, ce texte ne m’a jamais quitté, je me le suis récité au moins une fois tous les ans, et moi aussi, je me rappelle mon professeur et sa remarque sur la rime « Webre » ! Un petit coup de jeune, merci ! Et quel merveilleux texte ! Philippe (77, ans !)

  17. Gérard

    dit :

    Un poème appris au collège en 5ème. 43 ans plus tard je l’ai toujours en mémoire et suis toujours en capacité de le réciter sans faute. J’ignore pourquoi il m’a tant gravé l’esprit. Je n’ai pas oublié également la remarque du professeur sur la rime de Weber que l’on doit prononcer Webre.

  18. Hamila

    dit :

    Magnifique poème , que je découvre à l’instant , sublime

  19. Cyril

    dit :

    On a vraiment l’impression de voir s’envoler les mots c’est sublime !

  20. roland

    dit :

    des mots légers comme la part des anges ,une inégalable mélancolie;un petit bijou taillé dans dans un diamant de nuage

  21. christophe

    dit :

    Tres beau poeme.

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