Fantaisie

Gérard de Nerval

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !

Gérard de Nerval

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29 commentaires sur “Fantaisie”

  1. Loïc

    dit :

    Moi, il me reste totalement pour cette prononciation de Wèbre, et j’ai toujours cru que cela se prononçait comme ça mais, là, à 57 balais je découvre que pas du tout, cela se prononce bel et bien WEBER…

    Déception! Nerval avait seulement du mal à trouver une rime. On lui pardonne. Le poème que je redécouvre est vraiment un bijou.

  2. Quentin

    dit :

    À la vue des commentaires on dirait que beaucoup de gens ayant appris le poème étant petits ont été marqués et reviennent ici pour le lire. Pour compléter la beauté de l’œuvre, peut-être aimeriez-vous savoir de quel air parle Nerval ? Il s’agit de la complainte médiévale « La fille du Roy Louis » interprétée superbement ici par exemple https://youtu.be/5NRbXmdnRoE

    On peut comprendre que l’auteur ne lui trouve pas d’égal ! Bonne continuation.

  3. Géraldine

    dit :

    Ce poème m’a dérangé au plus haut point. Je l’ai détesté. Très ennuyant.

  4. Pb

    dit :

    Bizarre que là on donne à apprendre ce poème en classe primaire…? Moi je l’avais dans ma liste du bac de français et c’est celui que j’ai tiré. J’ai eu une bonne note. Primaire… terminale? Je ne comprends pas et pour moi c’est un texte qui ne va pas en CE2 et encore moins en maternelle. Je pense même que certains intervenants des commentaires se trompent… de classe… ou de poème!

  5. Hamadoui

    dit :

    Très beau poème, que j’ai appris à l’école maternelle. Je me rappelle avec jouissance du 20/20 que ma chère maîtresse m’a déposé sur mon pupitre. Ces lettres sont gravées d’or et d’argent dans mon esprit, et à jamais, je me souviendrai de ce chef d’oeuvre de la langue de Zep.

  6. salomé

    dit :

    Je l’ai appris quand j’étais en CE2, par choix : il fallait trouver un poème et l’apprendre. Il m’a tout de suite marqué. En cm2 je l’ai réappris, et cette année, en 5ème,j e l’ai retrouvé et il m’aide à vaincre la peur : je le récite en marchant; je pense que ce poème est une formule magique pour moi. Il est beau, touchant et mélancolique. Je n’ai jamais trouvé de poème qui me fasse le même effet à ce jour. Je le considère comme le plus beau poème du monde, mais chacun ses gouts !

  7. Abdoulabderzakbelhaoui

    dit :

    C’est dur à apprendre mais une fois qu’on l’a appris elle reste dans la tête

  8. Marie-Laure Marchand

    dit :

    Je ne sais pourquoi ce poème me revient sans cesse en mémoire et me poursuit. Je l’ai appris en secondaire et c’est sans nul doute, ce qui m’a poussée à entreprendre des études en philologie romane (Lettres chez vous), par la suite et à devenir modestement écrivain. « Qui pour moi seul(e) a des charmes secrets », rien que ce vers suffit à m’émouvoir et à me transporter dans un autre monde, tout comme Évariste Galois, dans le domaine des mathématiques et qui comme Nerval a trouvé une fin funeste, l’un, lors d’un duel, l’autre, s’étant pendu ! Peut-être que ces deux talents réunis, cueillis à la fleur de l’âge, ont déterminé mes choix de vie ! Allez savoir ?

  9. jürgen martin möller

    dit :

    J‘avais une discussion concernant le rythme de ce poême avec mon professeur dans une école allemande: il l’a recité 4/4, taTAtaTAtaTAtaTAtaTA – avec l‘effet inévitable que languissant devenait langUIssant et des charmes secrèts changeaient en charmEs secrèts. Finalement, au château de briques, les coins de pierre sont cassés totalement… Quand j‘ai lu le poême à lui comme valse, 3/4, tout allait rond, comme une pièce de musique. Mon professeur n‘hésitait pas de concéder qu’il s‘était trompé. Moi, ayant raison, me sentais mal.

  10. Moramedcouscous

    dit :

    Beau mélancolique

  11. Mohamed

    dit :

    Je suis en CE2 et je l’apprends. Ce n’est pas facile.

  12. Yume

    dit :

    Quand j’étais en 5éme ma prof de français me l’a donné à apprendre il y a de cela 4 ans. C’est l’un de mes préférés avec « heureux, qui comme Ulysse, a fait un bon voyage »

  13. Denise

    dit :

    Cette poésie, je l’ai apprise au début des années 60, en 6e, au collège de Liévin, pour participer à un concours de diction. Si toute la classe m’avait choisie pour la représenter, ma professeure de Français a préféré une autre élève, Evelyne, perdue de vue et retrouvée avec joie quelques années plus tard, en seconde. Cette institutrice, alors que j’étais une bonne élève, ne m’aimait pas et cherchait à m’humilier : un jour, alors que j’étais sur l’estrade en train de réciter face à toute la classe, elle a soulevé légèrement ma jupe pour montrer mon jupon en s’écriant « a-t-on besoin d’un jupon en dentelle pour venir en classe » ? Aujourd’hui, ce genre de comportement porte un nom… J’ai oublié le nom de cette prof mais jamais cette poésie qui m’a sans doute donné l’envie d’en écrire beaucoup d’autres…

  14. Paul

    dit :

    Je ne l’ai pas compris

  15. Evelyne Gervail

    dit :

    Il y a des choses qui nous marquent à jamais… ce poème m’a bouleversée, alors que j’avais 13 ou 14 ans… par son rythme, une magnifique mélopée, son style et surtout son thème, les vies antérieures… J’aurai 60 ans dans quelques jours, et ce poème, comme beaucoup d’autres, a bercé mes moments d’evasion…. pour en citer d’autres: L’Automne de Lamartine, Spleen, Chant d’Automne, La chevelure, L’invitation au Voyage de Baudelaire, Demain dès L’aube de V.Hugo… Merci à mes professeurs de Français, qui ont su me communiquer leur passion pour les vers, et la belle prose…

  16. Marc

    dit :

    C’est un poème que j’ai appris au lycée, il y a bien longtemps. J’ai aussitôt été séduit par sa beauté et son tempo mélancolique. Depuis, il ne m’a jamais quitté, il est souvent dans ma tête et il m’arrive parfois de le dire à des amis. J’adore sa musique langoureuse, celle d’un temps rêvé. Une merveille.

  17. Depas

    dit :

    Ce très beau poème, je l’ai découvert, il y a peu. Je l’ai tellement aimé que j’ai pris la peine de le mémoriser ! A 72 ans, quitte à faire travailler ses neurones, autant le faire en beauté !

  18. Sarah Baray

    dit :

    Je devais avoir 14 ans à l’époque ou j’ai appris ce poème, je ne l’ai jamais oublié. Quel bonheur de savoir que d’autres personnes partagent les mêmes souvenirs.

  19. Daza

    dit :

    Mon fils avait appris ce poème en CM1 il y a environ 40 ans. Je ne l’ai jamais oublié. Quant à lui, je ne sais pas… « La Dame à la haute fenêtre » évoque pour moi un autre tableau du Moyen Age (donc antérieur) représentant une Dame assise devant une cheminée et lisant. Un jeune page se tient derrière son siège. Qui connait cela (peut-être une tapisserie du M-A) ?

  20. Marc Abitbol

    dit :

    Magnifique poème joyau de la langue francaise

  21. Laury

    dit :

    Philippe, Gérard, oui il est nécessaire de se frotter à l’art, à la culture, pour nourrir notre esprit et notre coeur, et se donner la possibilité de s’élever. Ce poème de Nerval est un bijou et il transporte notre âme vagabonde vers des endroits inconnus de notre jardin secret.

  22. JOSA ANNICK

    dit :

    Il y a plus de 50 ans, notre professeur de Français nous avait fait étudier ce poème. Aujourd’hui encore je m’en souviens et éprouve toujours autant de plaisir à y penser car cela me fait rêver et permet à chacun d’interpréter le décor, les personnages et l’atmosphère musical… un petit film! Merci M. de Nerval pour tant de sensibilité et de beauté

  23. Gérard

    dit :

    Voyez vous Philippe, il m’est agréable de constater que nous puissions, au travers de ce site, nous retrouver, malgré notre différence d’âge sur ce qui grandit l’être humain, son instruction. Merci à nos professeurs pour ce travail. Ils sont, à part conséquente, les artisans de notre savoir, de notre construction. L »écriture, la poésie, la musique, la culture dans son ensemble ne peuvent qu’élever le commun des mortels que nous sommes.

  24. Philippe BOUCAUD

    dit :

    Gérard, moi, j’étais en seconde, au Lycée Français de Londres, mais il y a plutôt 60 ans (même un peu plus !). Moi aussi, ce texte ne m’a jamais quitté, je me le suis récité au moins une fois tous les ans, et moi aussi, je me rappelle mon professeur et sa remarque sur la rime « Webre » ! Un petit coup de jeune, merci ! Et quel merveilleux texte ! Philippe (77, ans !)

  25. Gérard

    dit :

    Un poème appris au collège en 5ème. 43 ans plus tard je l’ai toujours en mémoire et suis toujours en capacité de le réciter sans faute. J’ignore pourquoi il m’a tant gravé l’esprit. Je n’ai pas oublié également la remarque du professeur sur la rime de Weber que l’on doit prononcer Webre.

  26. Hamila

    dit :

    Magnifique poème , que je découvre à l’instant , sublime

  27. Cyril

    dit :

    On a vraiment l’impression de voir s’envoler les mots c’est sublime !

  28. roland

    dit :

    des mots légers comme la part des anges ,une inégalable mélancolie;un petit bijou taillé dans dans un diamant de nuage

  29. christophe

    dit :

    Tres beau poeme.

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