Le ballet des heures

Gérard de Nerval

Les heures sont des fleurs l’une après l’autre écloses
Dans l’éternel hymen de la nuit et du jour ;
Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
Et ne les donner qu’à l’amour.

Ainsi que de l’éclair, rien ne reste de l’heure,
Qu’au néant destructeur le temps vient de donner ;
Dans son rapide vol embrassez la meilleure,
Toujours celle qui va sonner.

Et retenez-la bien au gré de votre envie,
Comme le seul instant que votre âme rêva ;
Comme si le bonheur de la plus longue vie
Était dans l’heure qui s’en va.

Vous trouverez toujours, depuis l’heure première
Jusqu’à l’heure de nuit qui parle douze fois,
Les vignes, sur les monts, inondés de lumière,
Les myrtes à l’ombre des bois.

Aimez, buvez, le reste est plein de choses vaines ;
Le vin, ce sang nouveau, sur la lèvre versé,
Rajeunit l’autre sang qui vieillit dans vos veines
Et donne l’oubli du passé.

Que l’heure de l’amour d’une autre soit suivie,
Savourez le regard qui vient de la beauté ;
Être seul, c’est la mort ! Être deux, c’est la vie !
L’amour c’est l’immortalité !

Gérard de Nerval

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8 commentaires sur “Le ballet des heures”

  1. moi

    dit :

    La date ?

  2. Monique HO-COUI-YOUN

    dit :

    Emouvant poème qui parle au présent.

  3. Une chaise sexy

    dit :

    Pas mal.

  4. Sagra

    dit :

    En ces emps de confinement c’est un retour vers l’essentiel. Très beau poème !

  5. Nikita

    dit :

    C’est beau à lire

  6. Roux de secours

    dit :

    Superbe!

  7. roux du 13

    dit :

    Magnifique !

  8. Jackie

    dit :

    J’adore !

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