Bacchanale

José-Maria de Heredia

Une brusque clameur épouvante le Gange.
Les tigres ont rompu leurs jougs et, miaulants,
Ils bondissent, et sous leurs bonds et leurs élans
Les Bacchantes en fuite écrasent la vendange.

Et le pampre que l’ongle ou la morsure effrange
Rougit d’un noir raisin les gorges et les flancs
Où près des reins rayés luisent des ventres blancs
De léopards roulés dans la pourpre et la fange.

Sur les corps convulsifs les fauves éblouis,
Avec des grondements que prolonge un long râle,
Flairent un sang plus rouge à travers l’or du hâle ;

Mais le Dieu, s’enivrant à ces jeux inouïs,
Par le thyrse et les cris les exaspère et mêle
Au mâle rugissant la hurlante femelle.

José-Maria de Heredia, Les Trophées

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2 commentaires sur “Bacchanale”

  1. André de la Porie

    dit :

    Oui mais assez nul
    ils BONDissent et sous leurs BONDs et leurs Z elans
    c’est pas une allitération c’est une erreur.
    Et le tigre qui miaule !!!
    et les bacchantes en fuite écrasent le ron ron…

    L’or du Rhin si vous voulez mais l’or du hâle sent le fort des halles

  2. Antoine

    dit :

    Très beau poème, pour les intéressés c’est un Sonnet (deux quatrains, deux tercets) avec des vers en alexandrin (12 syllabes)

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