L’enterrement

Paul Verlaine

Je ne sais rien de gai comme un enterrement !
Le fossoyeur qui chante et sa pioche qui brille,
La cloche, au loin, dans l’air, lançant son svelte trille,
Le prêtre en blanc surplis, qui prie allègrement,

L’enfant de chœur avec sa voix fraîche de fille,
Et quand, au fond du trou, bien chaud, douillettement,
S’installe le cercueil, le mol éboulement
De la terre, édredon du défunt, heureux drille,

Tout cela me paraît charmant, en vérité !
Et puis, tout rondelets, sous leur frac écourté,
Les croque-morts au nez rougi par les pourboires,

Et puis les beaux discours concis, mais pleins de sens,
Et puis, cœurs élargis, fronts où flotte une gloire,
Les héritiers resplendissants !

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

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10 commentaires sur “L’enterrement”

  1. JMdu13

    dit :

    Lourd lourd lourd

  2. Sido Philippe

    dit :

    Outre les grandes qualités littéraires et poétiques de cette pièce, Verlaine a raison sur le fond. Tous les enterrements auxquels j’ai assisté ont certes commencé dans la gravité, le recueillement et l’hommage au défunt, mais se sont conclus par un pot voire un buffet offert aux assistants, toujours excellent, très animé et très gai : sans doute pour se changer les idées et pour oublier un peu le passé et envisager l’avenir avec optimisme.

  3. Matthieu

    dit :

    Super poème très beau et plein de sens, mais attention ce poème ne fait pas partie des poèmes saturniens c’est une pièce jointe publiée après le recueil!

  4. I don’t now ???

    dit :

    Super poème vraiment bien a étudier. Je l’adore surtout pour les métiers que Verlaine décrit. Ils ont l’air intéressant…

  5. Salam Abdelslam

    dit :

    Super poème !

  6. Marie

    dit :

    Belle poésie! Je dois l’apprendre au collége et c’est galére, mais cette poésie est belle et a plein de sens !

  7. Momodughetto

    dit :

    Lourd ! Je kiffe !

  8. mohamed

    dit :

    La première approche didactique qu’apportent le poème et le rapport qu’il entretient le titre du poème avec le titre du recueil. Les poèmes saturniens sont inscrits dans la tradition de Spleen de Charles Baudelaire. Le titre annonce la tristesse alors que le poème annonce le comique plutôt le satire. La musicalité est un traitement poétique de Verlaine. L’utilisation de points d’exclamation est une sorte de parodie.

  9. moraine

    dit :

    Quelle ironie, en peu de mots tout est dit, loin des hypocrisies et des attitudes convenues habituelles! En plus, c’est drôle.

  10. rida

    dit :

    Excellent poème

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