Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon oeil

Joachim du Bellay

Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon oeil
Ces vieux singes de cour, qui ne savent rien faire,
Sinon en leur marcher les princes contrefaire,
Et se vêtir, comme eux, d’un pompeux appareil.

Si leur maître se moque, ils feront le pareil,
S’il ment, ce ne sont eux qui diront du contraire,
Plutôt auront-ils vu, afin de lui complaire,
La lune en plein midi, à minuit le soleil.

Si quelqu’un devant eux reçoit un bon visage,
Es le vont caresser, bien qu’ils crèvent de rage
S’il le reçoit mauvais, ils le montrent au doigt.

Mais ce qui plus contre eux quelquefois me dépite,
C’est quand devant le roi, d’un visage hypocrite,
Ils se prennent à rire, et ne savent pourquoi

Joachim Du Bellay, Les Regrets

Imprimer ce poème

Un commentaire sur “Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon oeil”

  1. Hillyeh Guirreh

    dit :

    Fabuleux Du Bellay ! Un poème cinglant de sarcasme pour l’époque et qui tient toutes ses promesses aujourd’hui encore…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *