La cousine

Gérard de Nerval

L’hiver a ses plaisirs ; et souvent, le dimanche,
Quand un peu de soleil jaunit la terre blanche,
Avec une cousine on sort se promener…
– Et ne vous faites pas attendre pour dîner,

Dit la mère. Et quand on a bien, aux Tuileries,
Vu sous les arbres noirs les toilettes fleuries,
La jeune fille a froid… et vous fait observer
Que le brouillard du soir commence à se lever.

Et l’on revient, parlant du beau jour qu’on regrette,
Qui s’est passé si vite… et de flamme discrète :
Et l’on sent en rentrant, avec grand appétit,
Du bas de l’escalier, – le dindon qui rôtit.

Gérard de Nerval, Odelettes

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2 commentaires sur “La cousine”

  1. Melrose

    dit :

    « La cousine », c’est tout à fait un poème de nos dimanches que nous passons ensembles.
    S’éclipser, quelques temps, les dimanches pour enfin délivrer nos secrets, rire, marcher, s’évader…
    C’est un moment que l’on attend avec impatience à chaque fois.
    C’est jouer avec les flammes rouges qui se trouvent au bout de nos doigts et recracher la fumée blanche de nos poumons à chaque paroles, toutes plus importantes l’une des autres. C’est moment rien qu’à nous et que pour nous.

  2. Camille

    dit :

    J’adore cette poésie, elle me rappelle le peu de temps que l’on passe avec des proches ou des amis très chers…C’est super joli !!!

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