Une négresse

Stéphane Mallarmé

Une négresse par le démon secouée
Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux
Et criminels aussi sous leur robe trouée
Cette goinfre s’apprête à de rusés travaux :

À son ventre compare heureuse deux tétines
Et, si haut que la main ne le saura saisir,
Elle darde le choc obscur de ses bottines
Ainsi que quelque langue inhabile au plaisir

Contre la nudité peureuse de gazelle
Qui tremble, sur le dos tel un fol éléphant
Renversée elle attend et s’admire avec zèle,
En riant de ses dents naïves à l’enfant ;

Et, dans ses jambes où la victime se couche,
Levant une peau noire ouverte sous le crin,
Avance le palais de cette étrange bouche
Pâle et rose comme un coquillage marin.

Stéphane Mallarmé

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12 commentaires sur “Une négresse”

  1. Sandrine g

    dit :

    Notre culture se perd… beau, très joli texte.

  2. yves

    dit :

    Laisser donc ce poème faire son effet, rien de « raciste » ni de péjoratif, simplement la sensibilité pure… de l’époque ! Epoque où l’on pouvait écrire sans trop se faire reprendre, quoique…

  3. Gérard Pourcel

    dit :

    Pauvre petite Sandrine, si tu avais une once de culture, tu saurais qui est Mallarmé et si tu n’avais pas été si paresseuse, tu aurais fait une petite recherche quant à l’époque de Mallarmé… Un ex-prof de français, qui n’aurait pas aimé t’enseigner.

  4. moncaire

    dit :

    Raciste, jamais. Merveilleux, toujours.

  5. Ines

    dit :

    Ne soyez pas idiots, ni bêtement réactionnaires. Il faut remettre le poème dans son contexte, et parler de négresse pour une femme noir n’a rien de censurable au regard de l’histoire de l’art, ne cherchez pas à y mettre une horreur anachronique (et aujourd’hui légitime) pour ce terme actuellement considéré comme raciste. La problématique du racisme ne se pose pas de la même manière à l’époque! Ici, comme chez Baudelaire, Eluard, pas mal de peintres etc, la couleur de sa peau renvoie à un attrait pour l’exotisme qui se traduit par une pure sensualité qui n’a rien de méprisable, car son évocation sert une volonté de mettre à mal les codes traditionnels et figés de la beauté grecque, et tend à rendre à la femme sa volupté. Plus simplement, passer par l’orientalisme ou par la « négresse », c’est pour les artistes de l’époque un moyen de bouleverser les codes et de s’exprimer librement, ce qui permet de sortir des moeurs et de possiblement rechercher dans la sensualité un mouvement artistique originaire. Quant à ceux qui trouvent ça vulgaire, abandonnez la poésie.

  6. Sandrine

    dit :

    Je ne sais pas de quand date ce poème mais pourquoi choisir de le diffuser ? Le titre est absolument inapproprié et son emploi est offensant. C’est un terme péjoratif…

  7. Kpsi

    dit :

    « Negresse» vraiment ? J’espère que quelqu’un portera plainte. C’est inadmissible.

  8. Rydberggg

    dit :

    Magnifique poème. Je l’ai découvert grâce à Gainsbourg qui dans la chanson « Glass securit » cite le dernier quatrain.

  9. azerty

    dit :

    Nul et pervers

  10. Marcelovi KAka

    dit :

    J’adore, sublime.

  11. Mr.Anonyme

    dit :

    Vraiment intéressant à faire réciter à ses enfants dés leur plus jeune âge.

  12. C’est-qui-l-papa

    dit :

    trop bien

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