La jeune dame qui marche sur la pelouse
Devant l’été paré de pommes et d’appas,
Quand des heures Midi comblé jette les douze,
Dans cette plénitude arrêtant ses beaux pas,
A dit un jour, tragique abandonnée – épouse –
A la Mort séduisant son Poëte : « Trépas !
Tu mens. Ô vain climat nul ! je me sais jalouse
Du faux Éden que, triste, il n’habitera pas. »
Voilà pourquoi les fleurs profondes de la terre
L’aiment avec silence et savoir et mystère,
Tandis que dans leur coeur songe le pur pollen :
Et lui, lorsque la brise, ivre de ces délices,
Suspend encore un nom qui ravit les calices,
A voix faible, parfois, appelle bas : Ellen !
Stéphane Mallarmé
C’est un poème dédié à un couple ami de Mallarmé. Lui se savait gravement malade et tous redoutaient sa mort. Ellen est le prénom de l’épouse.
L’amour à rebours s’exhale des vers de la terre
Dont les fleurs, en surface, ne sont que les pleurs
Fertiles labours qui me désespèrent
Chaloupent les corps dans leur incessant labeur
« Ellen » soupirée du poète
Dans le langage de la fleur, son pollen
Car le poète est mort
Ci-gît en ce jardin, mais parle encore: Mallarmé
Les fleurs profondes du silence et de la terre reste un mystère. Merci Mallarmé
Je le kiffe
Très bon poème, et belle description de la nature et du paysage.
je n’ai pas compris, ça parle de quoi ?
Cool
Génial! Merci Stéphane, votre poème m’a marqué. Courage !
J’adore le poème. Il est trop beau !