Se reconnaître

Jacques Viallebesset

Les tambours de notre sang
Battent la même cadence
L’amour et la tendresse
Sont reconnus et partagés
Les mots que j’embrase
Lilou pour te célébrer
Entrent dans le haut silence
De l’ineffable et de l’indicible
L’éternité trace son échéance
Dans un étonnement perpétuel
Ma tendre Beauté rebelle
Qui n’a pas renoncé
Et ta tête haute
Eblouie de secrets
Porte ses rêves
Jusqu’au plus haut des astres
Je chante tous les jours
Et dans le silence des nuits
J’écoute dans le coquillage
De ton sexe ce bouillonnement
Dans sa gangue originelle
L’une face à l’autre
L’autre face à l’une
Hors du temps du mépris
Et de l’espace de l’indifférence
Que l’abondance d’être
Nous protège de la laideur
La lumière brille en nous
Afin que l’on apprenne
À se re-connaître
Et à naître de nouveau
Afin que nous nous souvenions
De la glaise et du feu
Qui nous a engendrés
Nous nous endormirons
Dans le souffle des agneaux
Nous nous réveillerons
Dans le désir des béliers
Nous entonnerons au fil des jours
Des cantiques pour nos temples
Et des mélopées
Pour rythmer nos cœurs
Ma faim ta soif
Nous accompagnent
De l’aube nouvelle
Jusqu’au couchant
On fait halte
On poursuit notre chemin
De l’eau fraîche
Au creux de nos mains
Partage d’une soif avivée
Par la fièvre de vraiment exister
L’une par l’autre
L’autre par l’une
Unis par la ressemblance
Par la parole
Ou par le silence
Qu’importe
Le jour sur nos lèvres
Laissera une empreinte de miel
Signant par sa présence
Le bourdonnement du baiser
Le sable sous nos pas
Soulagera la violence
Pour la rendre à l’Amour
L’une avec l’autre
L’autre avec l’une
Unis par le regard
Hasardons une main
Vers l’autre main
En découvrant le monde
Dont nous sommes le seul miroir
Pour se donner une promesse
D’Amour mon amour
Plus amples sont nos pas
Qui nous conduisent
Beau chemin faisant
Allant l’amble
De la brume laiteuse du levant
Jusqu’aux vapeurs épicées
Du couchant.

Nous voici arrivés enfin
Nus au fond du désert
J’entrevois
Derrière le voile des mots
Le sens d’une vie
Vécue à vif et au cœur .

Jacques Viallebesset, l’écorce des cœurs, 2011 (copyright © le nouvel athanor)

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