La bayadère et le rajah

Francis Etienne Sicard

A la douce splendeur de l’hiver qui se fige,
Les mots de ma passion inventent vos amours
Entre la nuit masquée au loup de son velours
Et le jour immolé par mon devoir de lige.

Pour chacun de vos pas, des chevaux de voltige,
Farouches et domptés, devant toute la cour,
Se couchent à vos pieds, et fous de vos atours,
Rêvent de devenir la chair d’un seul vertige.

Quand ainsi vous passez, comme une nymphe nue,
Près de mes doigts brûlés sous la forge des mots,
Ma jalouse laideur brise votre statue.

Vous habillez alors mon fragile destin
D’un rire émerveillé dont je bois les échos
Jusqu’au bout du sommeil qui me sert de festin.

Francis Etienne Sicard, Lettres de soie rouge, 2011

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