Baldaquins d’ombres

Francis Etienne Sicard

L’ombre d’une glycine au goût de caramel
Saupoudre les murets d’une mèche de miel
Où baignent des lézards au corps immatériel,
Immobiles et froids écuyers du dégel.

La dentelle d’un roc à la saveur de sel,
Richement découpée au feutre bleu du ciel,
Ruisselle en vague d’or sur le feu torrentiel
D’une anémone en soie aux robes d’archipel.

Passe un souffle de rêve au parfum de lilas,
Comme un brin de muguet déguisé en pierrot,
Et les myosotis se parent de taffetas.

Goutte à goutte le temps distille sa liqueur
Dans l’immense alambic où cuit le berlingot
D’un jour naissant ainsi dans l’antre du bonheur.

Francis Etienne Sicard, Lettres de soie rouge, 2011

Imprimer ce poème

Un commentaire sur “Baldaquins d’ombres”

  1. katellig Herminig

    dit :

    Quelle douceur ! c’est un poème qui fait la vie plus tendre et plus belle. J’adore !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *