Roses d’automne

Nérée Beauchemin

Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.

Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.

Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.

En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.

Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.

Nérée Beauchemin

5 commentaires sur “Roses d’automne”

  1. Marie Gruet parisot

    dit :

    Juste le lire doucement et le faire découvrir

  2. Jacque-Henri de la languille

    dit :

    Ce poème me rappelle mon enfance, quand j’étais petit , je me souviens , quand je courrais dans les champs et que je mangeais des coquelicots . J’aime le piment d’Espelette quand Ducro , se décarcasse sa change tout !

  3. Bernard Maroy

    dit :

    Très beau poème sur un beau thème.

  4. MarieL

    dit :

    Magnifique, beau de la première lettre a la dernière, il est superbe, merci !

  5. Brigitte robert

    dit :

    Très beau poème que je ne connaissais pas…Merci pour ce partage. Bon weekend. Bien cordialement.

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