Le Pont Mirabeau

Guillaume Apollinaire

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

43 commentaires sur “Le Pont Mirabeau”

  1. JUFE

    dit :

    Svp, qui parle dans ce texte et à qui ?

  2. Kanoute zakaria

    dit :

    Le pont Mirabeau me fait penser à mon defunt professeur qui m’a donné le desir de la poésie.

  3. Lilys

    dit :

    De la tristesse plutôt. La tristesse du temps qui passe.

  4. julien mouasse

    dit :

    C’est de l’amour ou plutôt de la tristesse. A votre avis le thème est plutôt la tristesse? ou bien… L’amour?

  5. dimitri

    dit :

    C’est le plus beau poème que j’ai appris. Je l’ai découvert en classe de terminale. C’est très emouvant.

  6. Moussa Baba Koné

    dit :

    C’est un poéme que j’aime beaucoup.

  7. Kass

    dit :

    Très belle poésie. Je l’ai apprise en CM2.

  8. Brahim Salama

    dit :

    Tres belle poésie que je avais appris quand j’avais 14 ans.

  9. jean paul

    dit :

    de quel recueil fait il parti ?

  10. Louis

    dit :

    Hélas ce n’est pas Verlaine mais Apollinaire ! Ceci dit le raisonnement est juste et l’un aurait donc lu l’autre. Mea culpa.

  11. Louis

    dit :

    Il faudrait avoir entendu ce poème déclamé par Francis Huster qui en donne, pour moi , le sens profond. Il s’agit de la plainte exaspérée d’un amoureux ayant perdu son amour et pour qui, être vivant, est insupportable et incongru et pour qui le temps « s’écoule lent et morose ainsi qu’un fleuve aux bords flétris » (voir « quinze longs jours encore ») Bien sûr avec Verlaine, le prince des poètes, l’alliance du son et du sens sont portés au sommet comme dans « les sanglots longs des violons  » mais il y a aussi un rythme déjà noté par certains commentateurs précédents et que je qualifierai d’hommage à la rythmique de Musset. Il y a le sens, le son, (les assonances) et le rythme.

    Donc voici avec des rajouts sans doute grossiers mais qui me semblent bien éclairer le sens du poème :

    Sous le pont Mirabeau coule la seine
    et nos amours (pourquoi) faut-il qu’il m’en souvienne (voir « colloque sentimental »)
    la joie venait toujours après la peine
    (que) vienne la nuit (de la mort) ! (que) sonne l’heure (de mon trépas) !
    ….
    l’amour s’en va comme cette eau courante
    l’amour s’en va comme la vie est lente
    (quand l’autre est mort) !
    et comme l’Espérance (de mourir pour retrouver l’autre ou trouver la paix) est violente !
    (que) passent les jours et (que) passent les semaines
    (mais) ni le temps passé ni les amours (ne) reviennent
    (tandis que bêtement) sous le pont Mirabeau coule la Seine (avec indifférence)
    (alors nom de dieu que) vienne la nuit (et que) sonne l’heure (de mon trépas)
    (mais) les jours s’en vont (et absurdement) je demeure.
    les jours s’en vont (et hélas) je demeure

  12. ramo

    dit :

    Qu’elle est belle la langue Française !

  13. Petiteécoliere

    dit :

    Je l’avais appris au collège belle oeuvre d’un grand poète.

  14. fotso

    dit :

    j’adore cet œuvre car elle dégage beaucoup de tendresse

  15. paul

    dit :

    Très belle poésie, elle fait passer de belle émotions mais je trouve que les deux derniers vers sont de trop.

  16. Pierre

    dit :

    L’extrême douceur de ce poème tient sans doute aux particularités de la langue française, hostile aux consonnes dures comme aux voyelles éclatantes.

  17. MrChatNoir

    dit :

    Ce qui me fascine avec Apollinaire, c’est combien le réinvestissement des thèmes romantiques (mort, temps, amour, solitude, mélancolie etc) aboutit à une poésie singulièrement anti-romantique.

  18. fushia

    dit :

    C’est émouvant quelle chance d’être si bien amée et quelle tristesse lorsque cela n’est pas réciproque. C’est facile de partir c’est dur pour celui qui reste.

  19. Jean-Luc Suppervielle

    dit :

    Bien dit, Aia !

  20. Aia

    dit :

    Le seul poème d’Apollinaire que je connaisse par cœur.
    Je ne suis pas une érudite, alors que dire après ces
    commentaires très élaborés?
    J’aime cette tristesse, cette mélancolie, cette musicalité
    mais je n’y vois aucun appel à la vie éternelle…
    A quoi bon d’ailleurs, décortiquer un poème? Chacun y trouve ce qu’il veut! Il suffit de ressentir et d’aimer…

  21. Jean-Luc Suppervielle

    dit :

    Le « Je demeure » bien sûr du refrain.

  22. Jean-Luc Suppervielle

    dit :

    Je me permets de reprendre la dernière phrase du commentaire que j’ai posté hier :

    Le <> qui clôt le refrain de ce qu’il faut bien appeler un « balancement mélodique » auquel nous fait songer ce poème, est l’appel à la Vie Éternelle à laquelle le Dieu Amour unique et vivant nous appelle tous, sans distinction d’âge, de sexe, de race, de religion, de réussite sociale, personnelle ou professionnelle, de couleur politique, intellectuelle ou morale bien sûr, de « santé » physique, psychique ou « morale » et donc encore et surtout peut-être, sans tenir compte de l’importance de nos péchés ou de ce que nous croyons parfois à tort l’être.

    En un mot, qui n’est pas de moi, mais a été repris par Jean Ferrat et avant lui par Aragon, que Ferrat a mis en musique de la plus belle des manières : « Le Poète a toujours raison », au moins pour un temps qui n’est pas toujours le sien passé sur ce qu’il faut bien appeler envers et contre tout « notre bonne vieille Terre », si chère à Hergé au travers de sa bande dessinée mettant en scène entre autres personnages son héros Tintin, j’ai nommé « On a marché sur la Lune ».
    Décidément fiction et réalité se rejoignent curieusement, pas toujours pour le meilleur ici-bas, malheureusement ou fort heureusement pourrait-on dire selon sa philosophie de vie propre.

  23. Jean-Luc Suppervielle

    dit :

    Magnifique analyse du dernier commentateur, je me permettrai simplement d’aller un peu plus loin et de dire, à la suite du Christ puis de ses apôtres : la Vie et l’Amour plus forts que la Mort et le Spleen : Je demeure est l »appel à la Vie Éternelle à laquelle le Dieu Amour nous appelle tous, sans distinction de race, de religion, de milieu social ou encore et surtout peut-être de l’importance de nos péchés ou de ce que nous croyons l’être.

  24. Ben Slimane Hassen

    dit :

    D’inspiration divine, le refrain mime le sentiment de solitude profond, les vers oscillent entre la nostalgie et l’amertume, les rimes croisées créent un mouvement de balancement entre deux mondes: vie/amour vs mort/spleen

  25. joel GAYTON

    dit :

    Magnifique poème qui joue sur la musique des mots que l’on peut interpréter de différentes façons grâce à l’absence de ponctuation .
    Le refrain martèle le message de la nostalgie du temps qui passe , peut-être qu’aujourd’hui Apollinaire se serait permit une variante sur le dernier vers en guise de clin d’oeil : « les jours s’en vont et je me meurs » !!!

  26. cerveaufertile

    dit :

    c’est vrai que c’est un magnifique poëme effectivement très
    très musical
    mais d’ailleurs Léo Ferré et Serge Reggianni l’ont chanté
    mais vous êtes trop jeunes certainement pour connaître ces
    versions musicales anciennes

    un autre poëme que je trouve très musical
    c’est « l’art poétique » de Verlaine corrigé par Rimbaud
    « un très beau passage : seule la nuance fiance » etc
    amitiés à tous

  27. Jean-Luc Suppervielle

    dit :

    Sans aucun doute l’un des deux plus beaux poèmes de la littérature française et peut-être celui au contenu le plus achevé en matière de spiritualité, du moins je le crois.

  28. Jean-Luc Suppervielle

    dit :

    Le rythme, la musicalité, la Vie qui s’écoule comme le fleuve impassible et par dessus tout l’Espérance certes, mais aussi la Foi et bien sûr l’Amour, sans lequel nous ne pourrions vivre et qui nous rend immortels. L’homme-Dieu retrouve son créateur : Je Demeure.

  29. L’insomnie m’a emportée

    dit :

    Ce beau poème est tout simplement inspiré par le départ de l’amante du poète, Marie Laurencin. Le pont Mirabeau était celui que traversait Appolinaire pour rentrer chez lui. Il disait que ce poème est la « chanson triste de cette longue liaison brisée ».
    Enfin, y a rien à dire de plus, ce poème dit tout!

  30. Fatah Kourdi

    dit :

    Tout simplement magnifique! quand les tripes s’expriment! Très beau,ce poème restera éternel par sa grâce,sa beauté, sa mélancolie artistique mais surtout son sens humain à un amour profond, il fait renaitre en nous la dimension humaine qui doit demeurer telle, nous en avons besoin.

  31. sadok

    dit :

    C’est vraiment un poete tres emouvant qui nous le laisse
    le cœur pensant et triste. Je vous remercie beaucoup pour
    ce choix ideal.. Je l’ai copie avec beaucoup de grattitude.

  32. claudio maddaloni

    dit :

    Il s’agit de l’eternel absurde experience de savoir que la vie est contemporainmnet eternelle et ephemere…. sur le pont est la conscience absolue, l’atman, sous le pont l’eau de vie coule et nous, l’ahamkara, avec elle …..autant que nous demeurons indentifies…. claudio

  33. walid saissi

    dit :

    Pourquoi l’auteur a t il choisi ce titre et ce theme ?

  34. Charles du Perreux

    dit :

    Sur la Marne se trouve l’île d’amour, on pourrait imaginer une variante du pont Mirabeau avec le pont de Nogent:

    Sous le pont de Nogent coule la Marne
    Elle enlace l’île d’amour, l’île des loups
    Et longe le port de plaisance en eau douce…

    Enfin bon , c’est une ébauche…La Marne évoque les amours
    de Radiguet dans « le diable au corps »…

  35. michele misser

    dit :

    musical et nostalgique.

  36. Sarah

    dit :

    Magnifique en effet, et sur le fond, et sur la forme, qui a un rythme musical très doux. très réussi.

  37. pierre-emmanuel

    dit :

    Jolie poésie, mais triste.

  38. Fortage

    dit :

    Très beau je l’avais appris l’année dèrnière et il me touche toujours autant !!!!

  39. camcam

    dit :

    Ce poème est juste magnifique d’autant plus que le refrain donne vraiment un rythme à ce poème, ce qui est musicalement super interressant. Car quelque fois on aurait envie de mettre en musique certains poèmes, mais il faut un refrain qui accroche mais il nous est difficil de le créer nous meme. Car il faut rester sous le meme angle que le poete ce qui est juste impossible vu leur énorme talent.

  40. afef

    dit :

    c’est presque le seul poete qui utilise un refrain pour accentuer son poeme magnifique ? ?

  41. mimi

    dit :

    c’est moin nourrissant en dissertation…

  42. Jean-Paul Blanc

    dit :

    Poésie divine, sustantiellement nourriture de l’âme !

  43. Jean-Paul Blanc

    dit :

    belle solitude

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