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La Parole


J’ai la beauté facile et c’est heureux.
Je glisse sur les toits des vents
Je glisse sur le toit des mers
Je suis devenue sentimentale
Je ne connais plus le conducteur
Je ne bouge plus soie sur les glaces
Je suis malade fleurs et cailloux
J’aime le plus chinois aux nues
J’aime la plus nue aux écarts d’oiseau
Je suis vieille mais ici je suis belle
Et l’ombre qui descend des fenêtres profondes
Epargne chaque soir le coeur noir de mes yeux.

Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1923

Un commentaire sur “La Parole”

  1. clémentine a dit:

    06 oct 10 à 16:10

    très beau poème, je préfére apprendre un comme cela qu’un traditionnel de Prévert et tout le tralala. Celui-ci exprime quelque chose d’unique, une émotion que les autres n’ont pas .


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