Tropique du Cancer

Villebramar

À l’heure où se voile la nuit

Tropique du Cancer

Il me revient en mémoire la saveur de très anciennes amours
En des cités où le Soleil ne se couchait que par intermittences
Pour prendre le deuil de la terre.
Et croyez-moi, Ô vous , marins du «Mogadiscio»,
C’étaient de fières amantes que nos amies d’alors.

À l’heure où tombe la nuit

Tropique du Cancer

Vite, si vite qu’on n’a aucune peine à se savoir sous de très basses latitudes,
Il me revient le souvenir de déchirures oubliées,
Car mes bonheurs eurent parfois de tragiques fins.
Peut-être vous les conterai-je quelque jour,
Car il n’est pas de secret qui ne se puisse partager.

Puis vint le temps où le Soleil cessa de se coucher…

Tropique du Cancer

Et les jours étaient longs et mornes
Ô si longs et mornes les jours
longs, longs sous leur blanche morsure

Et des bonheurs, seule la déchirure.

Je t’ai quitté

Tropique du Cancer

Pour les Pays des Hautes Terres Froides et des Nuits Sombres
Je t’ai quitté pour les tempêtes atlantiques et les aurores
Pour la chanson du vent sur les genêts au temps d’hiver.

Mon souvenir va vers toi

Tropique du Cancer

Quand s’effaçaient au loin les contours de Fuerteventura.
Alors, pour les marins du « Mogadiscio », venait l’heure,
Le moment furtif du regret
Jusqu’à ce que la première étoile se lève

Tropique du Cancer

Seulement la première étoile.

Villebramar, Puerto del Carmen, 1986 (revu 2016)

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