Nuit de neige
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.
Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.
Guy de Maupassant, Des vers
ouvertlanuit a dit:
04 jan 10 à 1:32Ce soir, il a neigé.
J’adore la neige.
Elle m’apporte la joie mais aussi la nostalgie.
En regardant les flocons tomber, j’ai cherché dans ma mémoire les vers de Maupassant que mon instituteur m’avait fait apprendre il y a plus de 30 ans.
J’en avais oublié une bonne partie !
Mais cela me fait chaud au coeur de les relire.
anglour a dit:
09 jan 10 à 8:59j ai appris ce poeme il y a bien 50 ans et je voulais qu il illustre mes photos de neige que j envoie à mes petites
filles