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Child Wife


Vous n’avez rien compris à ma simplicité,
Rien, ô ma pauvre enfant !
Et c’est avec un front éventé, dépité
Que vous fuyez devant.

Vos yeux qui ne devaient refléter que douceur,
Pauvre cher bleu miroir
Ont pris un ton de fiel, ô lamentable sœur,
Qui nous font mal à voir.

Et vous gesticulez avec vos petits bras
Comme un héros méchant,
En poussant d’aigres cris poitrinaires, hélas !
Vous qui n’étiez que chant !

Car vous avez eu peur de l’orage et du cœur
Qui grondait et sifflait,
Et vous bêlâtes vers votre mère - ô douleur ! -
Comme un triste agnelet.

Et vous n’aurez pas su la lumière et l’honneur
D’un amour brave et fort,
Joyeux dans le malheur, grave dans le bonheur,
Jeune jusqu’à la mort !

Londres, 2 avril 1873

Paul Verlaine, Romances sans paroles (1874)

Un commentaire sur “Child Wife”

  1. Antoine a dit:

    22 mai 11 à 19:28

    Bonjour,

    Ce poème me plait beaucoup et j’aimerais l’inclure dans un recueil que je dois présenter en cours. Cependant je n’ai pas réussi à trouver d’explications ou de commentaires pour bien le comprendre et pouvoir en parler.
    Si une personne pouvait m’aider… Merci.

    (Je ne cherche pas un plan tout fait ou quelques choses du genre mais des explications sur le contexte…ect)


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