Le mal

Arthur Rimbaud

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu’une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;
– Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !…

– Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;
Qui dans le bercement des hosannah s’endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Arthur Rimbaud

Imprimer ce poème

9 commentaires sur “Le mal”

  1. ZANNOU CLÉMENT

    dit :

    J’ai du mal à comprendre le message que vehicule ce poème

  2. rachid

    dit :

    Rimbaud fait partie des poètes rebels et décadents qui sont révoltés contre l’église et l’ont présentée sous une forme de faiblesse aussi comme le cas de Baudelaire dans le poème La cloche fêlée. Ce sont de grands poètes.

  3. Skriff

    dit :

    Sachant que, Arthur Rimbaud parle de l’église à son époque, désormais les églises ne dépendent plus de l’état, et bien qu’elle reçoive de l’argent des fidèles, elle ne fait plus de « profits » à proprement parler.

  4. tibotib

    dit :

    Jean Lebreton, je ne comprends pas ton msg. Il est tout de même légitime de parler du paradoxe entre la violence des Hommes surtout après ce siècle de révolution, en pleine guerre contre la Prusse, à l’aube de la commune, et la foi en Dieu si omniprésente même au niveau étatique. En outre quel est le rapport avec le tremblement de terre de Lisbonne.

  5. Jean Lebreton

    dit :

    Tremblement de terre de Lisbonne, quand tu nous tiens ! Comment peut-on apprécier, et plus encore écrire, de telles accusations vis-à-vis de l’Eglise, lorsque les clercs offraient l’éducation et religieuses, les soins médicaux gratuits dans les villages ! Comment peut-on se prétendre littéraire en croyant encore que l’existence du Mal prouve la  »non-omnibénévolence » de Dieu, alors Saint Augustin a depuis 1000 ans affirmé que le Mal est une épreuve de notre libre-arbitre ! Non, décidément, je refuserai de considérer Le Mal comme un grand poème !

  6. aveez

    dit :

    trop bien

  7. miriam trifoglio

    dit :

    Sublime!!!

  8. fdp

    dit :

    genial

  9. ntm

    dit :

    super

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *