Valse

Marie Krysinska

Ah! pourquoi de vos yeux
Tant appeler mes yeux,
Et pourquoi d’une folle étreinte me dire
Que tout est puéril
Hors élan de nos cœurs
Éperdus l’un vers l’autre.
Ces lampes claires et ces girandoles
Dévoileraient mon trouble sans doute,
Si je laissais vos yeux
Tant parler à mes yeux.
Vois l’enchantement de cette nuit complice
Et ces roses
Amoureuses
Aux corsages des Amoureuses.
Respirons les aromes charmants
Qui montent de ces fleurs,
Parées comme des femmes,
Et des ces femmes parées
Comme des fleurs.
Enivrons-nous du doux vin
Cher à Cythérée,
Tandis que les violons
Traînent des notes pâmées
Et que les violoncelles sont
Des voix humaines extasiées.
Ne fuyez pas, chers yeux, tes yeux
Abandonnez-vous vaincus et vainqueurs,
Abandonnez-vous, tes yeux à mes yeux.

Marie Krysinska, Rythmes pittoresques

 

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3 commentaires sur “Valse”

  1. stellastar

    dit :

    L’abandon dans un regard… quel pouvoir de le voir! Et quel dommage de ne pas « osoir »!

  2. Jacqueline

    dit :

    Magnifique, et toujours actuel.

  3. Jeanne

    dit :

    Très explicatif, touchant et séduisant. En un mot : super!

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