Musique

Cécile Sauvage

Une lente voix murmure
Dans la verte feuillaison ;
Est-ce un rêve ou la nature
Qui réveille sa chanson ?
Cette voix dolente et pure
Glisse le long des rameaux :
Si fondue est la mesure
Qu’elle se perd dans les mots,
Si douces sont les paroles
Qu’elles meurent dans le son
Et font sous les feuilles molles
Un mystère de chanson.

Ô lente voix réveillée
Qui caresse la feuillée
Comme la brise et le vent ;
Voix profondes de la vie
Et de l’âme réunies
Qui murmurez en rêvant.
Une forme s’effaçant
Dont les gestes nus et blancs
Flottent dans l’ombre légère
Sous un rideau de fougères
Semble exhaler à demi
De ses lèvres entr’ouvertes
Un chant de silence aussi
Berceur que les branches vertes.

À peine si le murmure
De la muette chanson
Poursuit sa note et s’épure
Dans la douce feuillaison ;
Et la main passe en silence
Sur la tige d’un surgeon
Dont le rythme fin balance
Les branches de ce vallon.
Ô musique qui t’envoles
Sur les papillons glissants
Et dans la plainte du saule
Et du ruisseau caressant !

Passe, chant grêle des choses,
Coule, aile fluide qui n’ose
Peser sur l’azur pâli,
Sur les rameaux endormis ;
Efface-toi, chant de l’âme
Où se mêlent des soupirs
Dans la fuite molle et calme
Des voix qu’on ne peut saisir.

Cécile Sauvage, Fumées

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3 commentaires sur “Musique”

  1. Poet poet

    dit :

    Cécile passe des messages d’éternité. Merci Cécile. Tes poèmes font que quelque part aussi tu vivras éternellement.

  2. Poet poet

    dit :

    Les poèmes de Cécile que j’ai découvert grâce à Poetica sont d’une subtilité et d’une fraîcheur étonnantes. Que du bonheur.

  3. violette

    dit :

    Très longue mais elle raconte une histoire sentimentale et c’est le plus important.

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