Vieux Jardins

Jules Breton

Qui n’aime ces jardins des humbles dont les haies
Sont de neige au printemps, puis s’empourprent de baies
Que visite le merle à l’arrière-saison ;
Où dort, couvert de mousse, un vieux pan de maison
Qu’une vigne gaîment couronne de sa frise,
Sous la fenêtre étroite et que le temps irise ;
Où des touffes de buis d’âge immémorial
Répandent leur parfum austère et cordial ;
Où la vieillesse rend les groseilliers avares ;
Jardinets mesurant à peine quelques ares,
Mais si pleins de verdeurs et de destructions
Qu’on y suivrait le fil des générations;
Où près du tronc caduc et pourri qu’un ver fouille,
Les cheveux allumés, l’enfant vermeil gazouille ;
Où vers le banc verdi les bons vieillards tremblants
Viennent, sur leur béquille appuyant leurs pas lents
Et gardant la gaîté, – car leur âme presbyte
Voit mieux les beaux lointains que la lumière habite, –
D’un regard déjà lourd de l’éternel sommeil,
Tout doucement sourire à leur dernier soleil ?

Jules Breton, Jeanne Chant VI

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5 commentaires sur “Vieux Jardins”

  1. Orianne

    dit :

    Très beau et très sensuelle bravo M Jules breton pour ce poème très joli et très… Je me suis mis les poèmes de vous pour vous connaître un peu plus.

  2. ON THE FLUX

    dit :

    Très bon poème. Il me faut l’analyse SVP.

  3. TaCru avoir mon blaze

    dit :

    J’ai versé une enorme larme. Ca me fait rappeler mon enfance…

  4. la prof de français

    dit :

    Magnifique, simplement magnifique…

  5. B2o

    dit :

    Très beau, j’ai versé une larme de nostalgie, ça m’a rappellé mes souvenirs d’enfance…

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