Viole

Albert Samain

Mon coeur, tremblant des lendemains,
Est comme un oiseau dans tes mains
Qui s’effarouche et qui frissonne.

Il est si timide qu’il faut
Ne lui parler que pas trop haut
Pour que sans crainte il s’abandonne.

Un mot suffit à le navrer,
Un regard en lui fait vibrer
Une inexprimable amertume.

Et ton haleine seulement,
Quand tu lui parles doucement,
Le fait trembler comme une plume.

Il t’environne ; il est partout.
Il voltige autour de ton cou,
Il palpite autour de ta robe,

Mais si furtif, si passager,
Et si subtil et si léger,
Qu’à toute atteinte il se dérobe.

Et quand tu le ferais souffrir
Jusqu’à saigner, jusqu’à mourir,
Tu pourrais en garder le doute,

Et de sa peine ne savoir
Qu’une larme tombée un soir
Sur ton gant taché d’une goutte.

Albert Samain, Au jardin de l’infante

Imprimer ce poème

10 commentaires sur “Viole”

  1. nadia

    dit :

    jacquie t’as rien compris. Moi, Nadia, je suis encore émue.

  2. jacquie

    dit :

    Je n’aime pas ce poème

  3. nadia

    dit :

    Nadia est emue aussi…

  4. ShickyTen

    dit :

    J’aime ce poème. Il est vraiment triste, je suis emu…

  5. Allasco

    dit :

    Je suis très ému de ce poème en tout cas j’aimerais être comme cela

  6. stellastar

    dit :

    De la crainte d’un homme qui peut faire la somme? Une goutte au grand pouvoir. Juste pour émouvoir…

  7. priscakg

    dit :

    Un poème simple qui touche le coeur.

  8. Richard Kasereka

    dit :

    La peur d’être abandonné par celle qu’on aime fait faire à l’homme tout ce qui est à son pouvoir pour la garder. C’est vraiment bon ce poème.

  9. Gribouilleuse de mot

    dit :

    …peu importe ce qu’on en dit, c’est trop vrai pour être dénigré…

  10. van de Walle

    dit :

    C’est un chouette poeme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *