À la marquise du Châtelet

Voltaire

Ainsi donc cent beautés nouvelles
Vont fixer vos brillants esprits
Vous renoncez aux étincelles,
Aux feux follets de mes écrits
Pour des lumières immortelles ;
Et le sublime Maupertuis
Vient éclipser mes bagatelles.
Je n’en suis fâché ni surpris ;
Un esprit vrai doit être épris
Pour des vérités éternelles :
Mais ces vérités que sont-elles ?
Quel est leur usage et leur prix ?
Du vrai savant que je chéris
La raison ferme et lumineuse
Vous montrera les cieux décrits,
Et d’une main audacieuse
Vous dévoilera les replis
De la nature ténébreuse :
Mais, sans le secret d’être heureuse,
Il ne vous aura rien appris.

Voltaire, Épîtres, stances et odes

4 commentaires sur “À la marquise du Châtelet”

  1. Regnault juliette

    dit :

    Mais quel conception de l’amour à Voltaire?

  2. fidel

    dit :

    En réalité, aimer c’est trouver la richesse de soit car l’amour simple ne meure jamais, ainsi sans l’amour le monde est nul.

  3. José Tomás Esteves Arria

    dit :

    Genie…!

  4. rodrigue

    dit :

    Joli texte très émouvant

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