La cigarette

Gaston Couté

Aujourd’hui le temps est épouvantable :
Il pleut et mon coeur s’embête à pleurer.
J’ai pris, d’un paquet traînant sur ma table,
Une cigarette au fin bout doré ;
Et j’ai cru te voir en toilette claire
Avec tous tes ors passés à tes doigts,
Traînant par la vie, élégante et fière
Sous les yeux charmés du monde et de moi.

Ah ! la bonne cigarette
Que j’ai fumée…
Pourtant mon coeur la regrette,
O bien-aimée !
Ah ! la bonne cigarette
Que j’ai fumée…
Pourtant mon coeur la regrette,
O bien-aimée !

J’ai pris une braise au milieu des cendres
Et je me suis mis alors à fumer
En m’entortillant dans les bleus méandres
De ma cigarette au goût parfumé ;
Et j’ai cru sentir passer sur mes lèvres
Un baiser pareil aux baisers brûlants
De ta bouche en feu, par les nuits de fièvres
Où je m’entortille entre tes bras blancs.

J’ai jeté ce soir parmi la chaussée
Cigarette morte au feu du tantôt ;
Un petit voyou qui l’a ramassée
Part en resuçant son maigre mégot ;
Et, devant cela, maintenant je pense
Que ton corps n’est pas à moi tout entier,
Que ta chair connaît d’autres jouissances
Et que je te prends comme un mégottier.

Gaston Couté

5 commentaires sur “La cigarette”

  1. Bourhane

    dit :

    Balèze

  2. corbin

    dit :

    En quelle année il a été écrit ce poeme svp ?

  3. Barry

    dit :

    En quelle année a t-il été écrit s’il vous plait?

  4. mauricette

    dit :

    Iconeby, il est mort ce poète

  5. Iconeby

    dit :

    Très bon poème!! carrément vraie ce que vous dite!!

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