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Sonnet à Marie


Je vous envoie un bouquet que main
Vient de trier de ces fleurs épanouies ;
Qui ne les eût à ce vêpres cueillies,
Chutes à terre elles fussent demain.

Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu’elles soient fleuries,
En peu de temps cherront, toutes flétries,
Et, comme fleurs, périront tout soudain.

Le temps s’en va, le temps s’en va, ma dame
Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame ;

Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle.
Pour c’aimez-moi cependant qu’êtes belle.

Pierre de Ronsard

4 commentaires sur “Sonnet à Marie”

  1. Donald Guénen a dit:

    25 fév 09 à 23:30

    Pourriez-vous me dire s.v.p. quelle est la métaphore de ‘lame’ dans la phrase “Et tôt serons étendus sous la lame”? Ronsard y fait-il allusion à la tombe (et si oui, quel rapport avec la “lame”), à la Mort qui fauche avec sa “lame”, ou est-ce une autre figure de style? Je vous remercie à l’avance de votre réponse.

    Donald,
    Ottawa, Canada

  2. Webmaster a dit:

    25 fév 09 à 23:54

    A l’epoque et dans l’ancienne langue “sous la lame” voulait dire “sous la pierre sépulcrale”.

    Le webmaster, poetica.fr

  3. Juan a dit:

    26 fév 09 à 0:09

    Ronsard revient avec le futur à l’idée de la mort qui efface tout. L’idée est originale chez Ronsard qui souvent insiste sur la pérennité que sa poésie donne à l’amour. A souligner : le mot ” mort ” a été longuement préparé : ” chutes à terre “, ” cherront “, ” périront “, ” sous la lame “.

  4. oo a dit:

    27 mai 11 à 11:28

    tré bo


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