Sonnet de nuit

Tristan Corbière

Ô croisée ensommeillée,
Dure à mes trente-six morts !
Vitre en diamant, éraillée
Par mes atroces accords !

Herse hérissant rouillée
Tes crocs où je pends et mords !
Oubliette verrouillée
Qui me renferme… dehors !

Pour Toi, Bourreau que j’encense,
L’amour n’est donc que vengeance ?…
Ton balcon : gril à braiser ?…

Ton col : collier de garotte ?…
Eh bien ! ouvre, Iscariote,
Ton judas pour un baiser !

Tristan Corbière, Les Amours jaunes

2 commentaires sur “Sonnet de nuit”

  1. Antoine

    dit :

    Quelqu’un pourrait m’expliquer ou est la trahison dans ce poème car je ne le comprends pas :/

  2. Cochonfucius

    dit :

    Du rythme et d’étranges images !

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