Cuisson du pain
Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,
Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,
Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,
La sueur les mouillant et coulant au pétrin.
Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,
Leur gorge remuait dans les corsages pleins.
Leurs deux doigts monstrueux pataugeaient dans la pâte
Et la moulaient en ronds comme la chair des seins.
Le bois brûlé se fendillait en braises rouges
Et deux par deux, du bout d’une planche, les gouges
Dans le ventre des fours engouffraient les pains mous.
Et les flammes, par les gueules s’ouvrant passage,
Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,
Sautaient en rugissant leur mordre le visage.
Émile Verhaeren, Les Flamandes
Thérèse N. a dit:
26 oct 08 à 22:57Ce poème sent vraiment l’odeur du pain d’antan. Tout le village le faisait autrefois, au moins chez nous à la montagne. J’aimerais bien en retrouver le goût, mais c’est si presque impossible de nos jours.
Annick Tirache a dit:
24 mar 11 à 16:41dans ma Picardie aussi
les mères et les filles faisaient le pain
quand le boulanger était parti à la guerre
maman-Jeanne faisait me dit-on encore
le meilleur pain du village
ni ses soeurs ni personne
n’a jamais pu l’égaler
dans l’art de savoir pétrir la pâte
presque aussi important que celui de la faire
cuire dans un four à point
Lèna Barbaros a dit:
16 avr 11 à 19:10Vous croyez que c’est de la nostalgie ?