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Cuisson du pain


Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,
Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,
Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,
La sueur les mouillant et coulant au pétrin.

Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,
Leur gorge remuait dans les corsages pleins.
Leurs deux doigts monstrueux pataugeaient dans la pâte
Et la moulaient en ronds comme la chair des seins.

Le bois brûlé se fendillait en braises rouges
Et deux par deux, du bout d’une planche, les gouges
Dans le ventre des fours engouffraient les pains mous.

Et les flammes, par les gueules s’ouvrant passage,
Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,
Sautaient en rugissant leur mordre le visage.

Émile Verhaeren, Les Flamandes

Un commentaire sur “Cuisson du pain”

  1. Thérèse N. a dit:

    26 oct 08 à 22:57

    Ce poème sent vraiment l’odeur du pain d’antan. Tout le village le faisait autrefois, au moins chez nous à la montagne. J’aimerais bien en retrouver le goût, mais c’est si presque impossible de nos jours.


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