La Maline

Arthur Rimbaud

Dans la salle à manger brune, que parfumait
Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise
Je ramassais un plat de je ne sais quel met
Belge, et je m’épatais dans mon immense chaise.

En mangeant, j’écoutais l’horloge, – heureux et coi.
La cuisine s’ouvrit avec une bouffée,
– Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi,
Fichu moitié défait, malinement coiffée

Et, tout en promenant son petit doigt tremblant
Sur sa joue, un velours de pêche rose et blanc,
En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue,

Elle arrangeait les plats, près de moi, pour m’aiser ;
– Puis, comme ça, – bien sûr, pour avoir un baiser, –
Tout bas :  » Sens donc, j’ai pris ‘une’ froid sur la joue… « 

Arthur Rimbaud, Poésies

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3 commentaires sur “La Maline”

  1. cédric

    dit :

    Tout bas : ” Sens donc, j’ai pris ‘une’ froid sur la joue… “ Ca veut dire quoi « Une » froid ?

  2. Edwin

    dit :

    Octobre, 1870.

  3. Swanny

    dit :

    De quel année est le sonnet de la maline quand a t-il été écrit

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