Prière du matin

Théodore de Banville

Le Soleil couronné de rayons et de flammes
Redore nostre aube à son tour :
Ô sainct Soleil des Saincts, Soleil du sainct amour,
Perce de flesches d’or les tenebres des ames
En y rallumant le beau jour.

Le Soleil radieux jamais ne se courrouce,
Quelque fois il cache ses yeux :
C’est quand la terre exhalle en amas odieux
Un voile de vapeurs qu’au devant elle pousse,
En se troublant, et non les Cieux.

Jesus est toujours clair, mais lors son beau visage
Nous cache ses rayons si doux,
Quand nos pechez fumans entre le Ciel et nous,
De vices redoublez enlevent un nuage
Qui noircit le Ciel de courroux.

Enfin ce noir rempart se dissout et s’esgare
Par la force du grand flambeau.
Fuyez, pechez, fuyez : le Soleil clair et beau
Vostre amas vicieux et dissipe et separe,
Pour nous oster nostre bandeau.

Nous ressusciterons des sepulchres funebres,
Comme le jour de la nuict sort.
Si la premiere mort de la vie est le port,
Le beau jour est la fin des espaisses tenebres,
Et la vie est fin de la mort.

Théodore Agrippa d’Aubigné

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2 commentaires sur “Prière du matin”

  1. Keren

    dit :

    J’aime!

  2. Emynodupeus

    dit :

    L’ordinateur existait donc déjà quand l’ancien français n’avais pas encor totalement disparu…?

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